Mardi 15 janvier 2 15 /01 /Jan 11:56

Après sa tournée d'automne triomphale, ( et ), le XV de France entame le Tournoi des VI-Nations le dimanche 3 févier à Rome, face aux Azzuri italiens.

Philippe Saint-André et son staff ont donc annoncé vendredi dernier la liste des trente-trois joueurs préselectionnés pour cette première échéance.

 

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Le programme

Comme à l'aube de la tournée d'automne début novembre, la journée de TOP 14 précédente sera avancée au jeudi vendredi pour que le XV de France puisse se réunir dès le samedi matin, au lieu du dimanche : la prochaine et 16e journée du TOP 14 aura donc lieu les jeudi 24 et vendredi 25 janvier prochain.

Le groupe se réuniera donc au CNR de Linas-Marcoussis dès le samedi, pour trois jours de stage avec ce groupe élargi, avant que PSA n'annonce le groupe des vingt-trois retenus pour ce premier match le lundi soir. Les dix joueurs recalés pourront alors rejoindre leur club respectif, en gardant la tête et la queue haute, puisqu'ils seront les premiers rappelés en cas de blessure ou méforme.

 

Le groupe des avants

Les joueurs suivants sont retenus au niveau du pack :

Pilier gauche : Thomas Domingo (ASM), Vincent Debaty (ASM), Yannick Forrestier (Castres)

Talonneur : Dimitri Szarzewski (RM 92), Benjamin Kayser (ASM), Guilhem Guirado (USAP)

Pilier droit : Nicolas Mas (USAP), Luc Ducalcon (RM 92), David Attoub (Stade Français)

Deuxième-ligne : Pascal Papé (Stade Français - capitaine), Yoann Maestri (Stade Toulousain), Jocelino Suta (Toulon), Romain Taofifenua (USAP)

Troisième-ligne-aile : Thierry Dusautoir (Stade Toulousain), Yannick Nyanga (Stade Toulousain), Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Wenceslas Lauret (Biarritz)

Troisième-ligne-centre : Louis Picamoles (Stade Toulousain), Damien Chouly (ASM)

 

A noter que Dimitri Szarzewski est amené à comparaitre devant la commission de discipline de la LNR le 18 janvier prochain, il est donc possible qu'il soit suspendu pour cette ouverture du tournoi. Si cela devait être le cas, il redeviendrait assuremment numéro 1 à son poste dès la fin de sa période de suspension. Bru rappelle Guirado , car il a fait une excellent première moitié de saison avec l'USAP. C'est presque dommage, on aurait bien aimé (re)voir Tolofua, ou Orioli, les deux grand espoirs français du poste.

 

En deuxième-ligne, la profusion de bons joueurs français a couté leur place dans le groupe à Sébastien Vahaamahina, Loïc Jaquet, Julien Pierre, Christophe Samson, Romain Millo-Chluski, Ali Fakate... Tous postulants au poste, et régulièrement cités dans les milieux autorisés.

 

Mais faisons donc un zoom sur la troisième-ligne. En troisième-ligne centre, l'excellent début de saison des deux appelés - aussi bien dans leur club que lors de la tournée d'automne - et la différence d'âge - à niveau égal, le staff assume haut et fort de sélectionner le plus jeune, en vue de la Coupe du Monde 2015 - provoquent la non sélection d'Imanol Harinordoquy, monument national à ce poste. C'est le Biarritz Olympique qui va être content !

Tout comme en deuxième-ligne, le poste de flanker est très grassement approvisionné en excellents joueurs. Le staff confirme donc en partie ses choix de la mi-octobre, lorsque la liste de préselection de 33 noms pour la tournée d'automne avait été annoncé. En effet, Titi Dusautoir et Wenceslas Lauret avaient été appelés, puis avaient du déclarer forfait pour cause de blessure ; et ils sont de nouveau appelés. Très gros point d'intérogation pour le Biarrot, qu'on n'a que très peu vu en bleu (1 sélection).

Yannick Nyanga qui n'avait été appelé que pour suppléer à ces deux forfaits reste dans le groupe, et c'est la moindre des choses après les prestations énormes qu'il a réalisé lors des trois matchs de la tournée.

Restent donc sur le carreau Alexandre Lapandry, Pierrick Gunther, Antoine Battut, Bertrand Guiry, Alexandre Bias, Jean-Jo Marmouyet, Marc Giraud... tous cités, surveillés ou présélectionnés dans les deux dernières années.

 

La Charnière

Demi-de-mêlée : Morgan Parra (ASM), Maxime Machenaud (RM 92)

Demi-d'ouverture : Frédéric Michalak (Toulon), François Trinh-Duc (Montpellier)

 

C'est à la mêlée que ce situent de forts enjeux pour ce poste : Parra a été numéro un du mandat Lièvremont, il est incontesté dans son club... mais a été le numéro deux de la dernière tournée d'automne, ce qui n'est pas dans son caractère. Maxime Machenaud a éclot l'an denrier à Agen, puis en Argentine lors de la tournée d'été, et s'est clairement affirmé au très haut niveau lors de la tournée de novembre, malgré la médiocre automne de son nouveau club.

Entre temps, l'ASM Clermont réalise un hiver fantastique, et le Racing apparait enfin au niveau où on l'attendais : les deux joueurs sont donc sur le haut de la vague avec leur club. Quant à Yachvili... c'est le même tarif que pour Imanol, son grand age le met en retrait des deux sélectionnés, mais sûr qu'il est sur la liste cachée en cas de pépin.

A l'ouverture, la hiérarchie est clairement établie, et François Trinh-Duc était même heureux à l'idée de faire partie de cette liste de présélectionnés !

 

Les trois-quarts

Trois-quart-centre : Maxime Mermoz (Toulon), Floriant Fritz (Stade Toulousain), Wesley Fofana (ASM), Gaël Fickou (Stade Toulousain), Mathieu Bastareau (Toulon)

Trois-Quart-Aile : Vincent Clerc (Stade Toulousain), Yoann Huget (Stade Toulousain), Benjamin Fall (RM 92)

Arrière : Brice Dulin (Castres), Jean-Marcellin Buttin (ASM)

 

C'est sans conteste ce poste de centre qui a fait coulé le plus d'encre lors de l'annonce de cette liste ! Et ce, pour un seul fait : le retour de Mathieu Bastareau, en disgrace depuis plusieurs années, suite à l'épisode de Wellington en juin 2009, et entre autre pour son manque de sérieux et de travail. Sauf qu'il a rejoint Toulon et Bernard Laporte l'an dernier, et qu'avec le Kayser, pas le choix : tu mets le réveil, et tu bosses ! Résultat, une présence physique toujours aussi énorme, mais des kilos perdus, et de gros progrès sur le foncier et la résistance à la fatigue ! Bref, d'après Laporte au Moscato Show vendredi soir, une juste récompense : il est le joueur le plus utilisé au centre à Toulon, malgré la dantesque concurrence : Matt Giteau et Maxime Mermoz. Mais c'est bien Mermoz et Fritz qui devraient porter les maillots 12 et 13, à moins que l'excellent hiver de Clermont et la baisse de forme du Stade Toulousain ne profitent à Wesley Fofana, très en vue ces dernières semaines.

 

On relèvera aussi la forte polyvalence de cette liste, car Huget et Fall peuvent évoluer à l'arrière, Fofana et Fickou à l'aile, ce qui multiplie d'autant les combinaisons possibles. A l'aile, justement, Vincent Clerc parait indéboulonable, et Yoann Huget, peu apprécié du public de rugby, garde la côte auprès des sélectionneurs. Fall a de nouveau sa chance après de longs épisodes de blessures.

A l'arrière, deux pépites en or massif sont en lice, Buttin révélé lors du dernier Tournoi, et Dulin lors des deux dernières tournées. Buttin était alors blessé, et la concurrence n'avait pas pu jouer, mais il est revenu à son plus haut niveau depuis un mois avec Clermont, et bien malin qui peut deviner les plans de Saint-André et Lagisquet à ce poste. Toujours est-il que Poitrenaud semble jeté aux oubliettes, et Médard doit être inscrit sur la liste cachée.

 

A noter que Gaël Fickou s'est blessé en Coupe d'Europe ce dimanche, et pourrait être remplacé par Médard justement, ou Palisson ; ce qui confirme que Fickou était présélectionné pour postuler à l'aile...

 

La Capitanat

http://placespourtous.com/wp-content/uploads/2013/01/pascal-pap%C3%A9-capitaine-xv-de-france.jpgLa décision était tombée la veille, et le débat durait depuis novembre : Pascal Papé a été reconduit malgré le retour de blessure de Thierry Dusautoir.

L'indéboulonable, incomparable, supersonic capitaine du XV de France et meilleur joueur du Monde et de la Coupe du Monde en 2011, n'est donc plus irremplaçable. Le fait est que le discours de Pascal Papé, très pragmatique, direct, bon enfant, surement plein d'argot, de moqueries, est très bien passé auprès du groupe lors des deux tournées en 2011. Et qu'au niveau des résultats, à part un premier test gâché par Parra et Trinh-Duc en juin en Argentine (défaite 20-23 malgré une insolente domination), c'est un carton plein !

Quant à Titi, c'est un ingénieur, et son discours est certainement plus policé, rigoureux, voire scientifique que celui de Papé, et passe surement moins. De plus, il revient juste de blessure, n'a pas retrouvé son meilleur niveau depuis le Mondial, et PSA "lui laisse le temps de revenir". Autrement dit : quand on n'est plus titulaire indiscutable à son poste, on ne postule plus au capitanat !

 

 

Par Rugbyfoue - Publié dans : Actualité
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Mardi 1 janvier 2 01 /01 /Jan 21:34

A l'aube de cette période de vacances dites des confiseurs, c'est le F.C. Grenoble qui vous souhaitait un Joyeux Noël sur ce blog suite à  sa victoire pleine de maitrise et amplement méritée face au géantissime Stade Toulousain, le 22 décembre dernier au Stade des Alpes.

Aujourd'hui 1er janvier 2013, c'est le R.C. Toulon qui prend le relai et vous souhaite une bonne année 2013, suite à son parcours exceptionnel en cette première moitié de saison, conclue dès la première journée des matchs retour par une victoire bonifiée dimanche soir à Mayol face à de valeureux Catalans de l'USAP. Tenez, c'est pas moi qui l'invente, c'est écrit sur le site de Radio Star "Les Meilleurs sons du Sud !" ;-)

 

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En effet, après avoir vu la deuxième mi-temps de Castres-Toulouse - toute en suspense - et l'imposante domination de Montpellier face à des Parisiens à la dérive, je me suis laissé tenter par Jour de Rugby, et j'ai donc commandé un burger pour éponger mes trois pintes.

 

Après avoir vu les résumés des matchs du jour, dont la victoire poussive du FCG contre Bordeaux-Bègles, je n'étais toujours pas venu à bout de mon assiette. Et oui, on ne peut pas tout faire : manger, et baver sur les yeux (et le reste) de la belle Isabelle Ithurburu, qui anime avec charme et brio Jour de Rugby.

Bref, je me laissais tenter par Toulon-Perpignan, qui cloturait ce magnifique Boxing Day rugby sur Canal +

 

Et j'ai donc compris quelques indices qui expliquent pourquoi et comment le "Èrcété" domine de la tête et des épaules (presque) tous ses adversaires, avec désormais douze victoires en quatorze journées de TOP 14, et quatre succès en autant de rencontres de H-Cup, soit un taux de victoires de 89 % !! Les Fadas toulonnais ne sont en effet tombés que deux fois cette saison, à Toulouse (avec une équipe largement remaniée) et à Clermont (à la dernière minute), excusez du peu.

Ils sont donc venus à bout de l'USAP dimanche soir, malgré un début de match poussif, et un essai catalan qui portait le score très vite à 7-0 pour les visiteurs. Mais à la fin, c'est Toulon qui gagne, et encore avec le bonus offensif !

 

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Les Toulonnais ont donc posé la main sur le ballon, et ont rageusement dominé ce match dans toutes les principales stat : occupation, possession, jeu de passes, mêlée... Sans arriver à prendre à défaut la défense catalane, ils la poussaient à la faute, pour permettre à Sir Jonny d'enchainer les pénalité, et arriver à 15-10 aux citrons.

Ensuite, la fatigue et la qualité du banc de touche faisant effet, ils sont pu marquer tranquillement leurs quatre essais - dont deux de David Smith - lors de la deuxième mi-temps, sans se faire peur, sans s'affoler, tout en maîtrise, pour l'emporter avec le bonus.

 

Alors comment le RCT a-t-il construit cette vicoire ?

Au delà du triptique Conquête-Défense-Occupation cher à Bernard Laporte, qui est à la tête du RCT et qui applique donc cette recette pragmatico-pragmatique sur la rade, c'est un autre triptique que j'ai voulu mettre en relief.

 

La puissance tout d'abord. En effet, de la première à la dernière minute, les Toulonnais dominent leurs adversaires individuellement et collectivement sur les impacts. Que ce soit en attaque ou en défense, dans les rucks ou en mêlée, au plaquage ou à la percussion, en un contre un ou dans l'effort collectif, les Toulonnais ont fait reculer les Catalans.

 

L'utilisation de la largeur du terrain, ensuite. Aussi étonnant que celui puisse paraitre avec la réputation de Bernard Laporte et de sa vision pragmatique du rugby (Conquête-Défense-Occupation) que j'aborde ci-dessus, ces Toulonnais-là abusent du jeu au large. A la manière de l'ASM-Clermont ou du Leinster, ils enchainent des dizaines de temps de jeu en utilisant toute la largeur du terrain, afin d'étirer la défense adverse, pour ensuite utiliser leur puissance justement, face à un rideau défensif étiré et donc plus fragile. Pas con le Bernie !

Notons à ce sujet que le Grand Chelem 2002 avait été remporté par le XV de France, à l'époque dirigé par ce même Bernard Laporte, avec le système resté célèbre des blocs : en effet, les huit joueurs du paquet d'avants étaient répartis sur toute la largeur du terrain, pour apporter un soutien immédiat à leurs trois-quarts : les piliers et deuxième-lignes au centre du terrain, le numéro huit et le talonneur dans un couloir des 15 mètres (le long de la touche), et les deux flankers dans l'autre couloir des 15 mètres. Malgré sa passion pour la puissance physique et le rugby efficace, Laporte a donc toujours développé un modèle de jeu qui utilise toute la largeur du terrain.

 

Et troisième volet, la rage de vaincre. En effet, cette équipe Toulonnaise est certes peuplée de stars mondiales, ayant presque toutes des immenses carrières sur leur CV, et souvent internationales, mais on est très loin des combats d'egos qu'on a pu voir au Real de Madrid notamment (à l'époque de Beckham, ou les joueurs se faisaent la gueule sur et en-dehors du terrain). Le fait est que tous sont des stars, et qu'aucun n'est plus une star que les autres. Le fait est aussi que la concurrence fait rage à tous les postes, et que même des Sébastien Bruno, Bakkies Botha, Joe Van Nikierk, Jonny Wilkinson ou Matt Giteau ne sont pas sûr de garder leur place. Le fait aussi que Bernard Laporte est un fanatique du travail, et qu'on n'a rien sans rien avec lui, tout se mérite. Il a donc su construire une équipe de morts de faim. Certes ils sont sur le papier suppérieurs à leurs adversaires, mais ils rentrent sur le terrain chaque week-end avec une rage de gagner, de remporter tous leurs duels, de marquer les premiers, et de gagner leurs matchs, tout simplement.

 

Bref, en ce début d'année 2013, tous les rêves leur sont permis, notamment de faire ce qu'aucun club Français n'a fait depuis Toulouse en 1996, à savoir le doublé Championnat - H-Cup. Mais surtout ramener le premier grand trophée sur la Rade depuis 1992, et le Brennus remporté par la bande à Daniel Herrero.

 

Côté Perpignanais, je voulais seulement tirer mon coup de chapeau à deux joueurs : Bertand Guiry, infatigable combattant dans la droite ligne de ses glorieux ainés à ce poste de troisème-ligne-aile à l'USAP, Marc Lièvremont, Bernard Goutta, Grégory Le Corvec notamment... Certainement le futur capitaine de l'USAP après le départ annoncé de Nicolas Mas l'an prochain (à Montpellier), il impressionne. Et puis le petit David Mélé, qui a su faire un super match, ce qui n'est pas un mince exploit quand on joue... à la mêlée, derrière un pack qui prend l'eau.

 

 

Par Rugbyfoue - Publié dans : Actualité
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Vendredi 28 décembre 5 28 /12 /Déc 11:01

Une nouvelle rubrique sur le blog de rugbyfoue, qui réjouira les amateurs de ballon ovale : retour sur l'un des essais qui a marqué l'histoire de notre sport, de son contexte à sa vidéo.

 

Et quel meilleur cadeau de Noël que de vous faire découvrir cet essai somptueux qui date de la grande époque Galloise, les années 70. En 1973, les Barbarians britanniques affrontent les All Blacks à l'Arms Park de Cardiff, avec dans leur effectif une belle colonie de joueurs Gallois, qui dominaient sans partage le rugby mondial à cet époque. Alors cet équipe magnifique, fondue dans une sélection de Barbarians et donc renforcée par les meilleurs joueurs Anglais, Irlandais et Ecossais, devaient bien ressembler à la meilleure équipe du moment, face à l'autre référence de la planète ovale : les All Blacks !

Et cette rencontre lors d'une tournée des All Blacks en Europe reste comme l'un des plus beaux matchs de l'histoire du rugby, avec à la clé cet essai resté mythique marqué dès les premières minutes de jeu. Il s'agit surement du premier essai qui reçut à l'époque une montagne de superlatifs de la part des journalistes, jusqu'à être appelé the greatest try of all times !

 

Après des pertes de balles et dégagements successifs, une remontée de terrain de 100m est initiée par trois crochets ravageurs du demi d'ouverture gallois de l'époque, Phil Bennett. Il est ensuite relayé par cinq joueurs à travers tout le terrain dont le dernier est Derek Quinnell,n°8 Gallios, dont les fils Scott et Craig ont aussi été internationaux gallois dans les années 90. Et l'essai est conclu par la course folle jusqu'à l'en-but de Gareth Edwards, génial demi de mêlée gallois, statufié de son vivant à Cardiff tant il est adulé dans la principauté. En effet, le rugby gallois dominait le monde de la tête et des épaules à l'époque, avec ces deux hommes à la charnière (Edwards et Bennett), et le fantasque médecin JPR Williams à l'arrière, qui nous rappelle un certain Maxime Médard avec ses rouflaquettes.

 

 

Pour les fans, le match en intégralité est disponible ici ; mais vous pouvez jeter un oeil sur la première minute de cette vidéo, pour avoir une idée du ridicule que pouvait avoir le haka des All Blacks à l'époque ! Vous noterez que la foule est tout de même en délire...

 

 

Par Rugbyfoue - Publié dans : Essais
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Dimanche 23 décembre 7 23 /12 /Déc 23:26

Quelle belle fête, quelle belle ambiance, et quel beau cadeau de Noël se sont fait et nous ont fait les joueurs du FCG ce samedi après-midi, en battant le Stade Toulousain au Stade des Alpes, sur le score de 15 à 6 !

 

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Tout était fait pour la fête, à commencer par ces magnifiques bonnets de père Noël aux couleurs du FCG distribués à tous les supporters venus en masse samedi, comme vous pouvez le constater sur nos belles têtes de vainqueurs. Public venu en masse, on ne peut dire moins vu que le match est à guichets fermés depuis plus d'un mois !

Pour sa quatrième délocalisation au Stade de Alpes, le FCG y aligne sa quatrième victoire, après celles contre Bourguoin et La Rochelle la saison dernière en PRO D2, et celle contre le Racing-Métro en septembre dernier.

 

Le match

Et autant la victoire contre le Racing ici même en semptembre n'avait souffert d'aucune contastation, tant les Grenoblois avaient alors dominé les Franciliens dans tous les secteurs, autant le succès contre l'ogre toulousain d'hier fait figure d'exploit, complètement contre le cours du jeu en seconde période.

Avant le match, Ricou me demande "Comment tu les prendrais là ?" C'est sûr qu'une équipe comme Toulouse qui n'a pas de point faible ni de défaut, on ne sait pas trop où insister. Alors j'ai répondu ce que l'on répond pour battre les All Blacks : il faut les agresser. Toutes les victoires françaises face aux Néo-Zélandais, et notamment lors des Coupes du Monde en 1999 et en 2007, ont en effet comme point commun une agressivité féroce au point de les faire douter et déjouer.

Mais je craignais que le match ne se perde sur la mêlée, et l'accumulation des pénalités sifflées sur cette phase de jeu contre les Grenoblois. Le pack toulousain avait bien réussi à battre Toulon à ce jeu-là lors de la finale du TOP 14 en juin dernier, il allait bien réussir à battre Grenoble !

 

Depuis l'arrivée de Fabrice Landreau, et sous l'impulsion conjuguée de Sylvain Bégon et Franck Corrihons, cette équipe de Grenoble a fondé son projet de jeu sur... le jeu, justement : utilisation maximum de la largeur du terrain, multiplication des temps de jeu, prises de risque. Schéma de jeu ambitieux qui a amené le FCG au titre de champion de France de PRO D2 l'an dernier,  acquis de la tête et des épaules. Un modèle dans lequel les joueurs ont beaucoup de degrés de liberté et prennent beaucoup de plaisir, plaisir Ô combien partagé par les spectateurs. Modèle qui est une révolution pour ce club dont l'histoire s'est toujours écrite avec des packs de fer, ou plutôt de Mammouths, comme ceux qui ont atteint trois demi-finales successives entre 1992 et 1993.

 

Mais hier c'est bien sur le triptique musculo-pragmatique cher à Bernard Laporte que le FCG a réussi à faire douter le géant du rugby français, le Stade Toulousain, jusqu'à s'imposer : Conquête, Défense, et Jeu au pied.

 

En effet, dès les premières minutes, les Rouge & Bleus allaient appliquer à la lettre les consignes : occuper le terrain, s'éloigner des zones de danger, obliger les Toulousains à relancer de loin et les presser très haut. Les Grenoblois ont donc arrosé le trio d'attaque toulousain de chandelles, et diagonales d'occupation, ce qui leur a permis de passer la quasi totalité de la première mi-temps dans le camp toulousain.

 

IMG_0140-copie-1.JPGEn conquête, les Grenoblois ont réussi à sauver les meubles en mêlée, grace à deux facteurs : Florian Faure en n°8 ramassait le ballon au plus vite pour faire durer les mêlées le moins longtemps possible ; et le coaching a fait du bien à l'heure de jeu. Mais c'est en touche que le FCG a fait un match somptueux, ne perdant qu'un seul lancer, pour en piquer six à l'alignement toulousain ! Les deuxième-ligne Farley et Beukes, et les deux flankers Best et Vanderglas ont fait plus que gêner les Toulousains dans ce secteur, et ont remporté cette bataille.

 

 

 

Et en défense. Et en défense il n'y a pas de mot pour qualifier la prestation des joueurs de Fabrice Landreau, qui ont défendu comme des poilus, comme si leur vie en dépendait, avec une mention spéciale aux deux flankers-courage là aussi, co-élus homme du match par toute la tribune, j'ai (re)nommé Jonathan Best et Henry Vanderglas, auteurs d'une partie héroïque dans ce secteur de jeu. A part sur la toute première action de la paire de centre Yann David / Gaël Fickou, les Toulousains n'ont jamais semblé pouvoir franchir, se sont fait asphyxiés par la montée défensive des Grenoblois. Et cette réussite en défense tient à deux aspects principalement : la redistribution défensive sur la largeur du terrain d'une part, excellente notamment parce que peu de joueurs ne se consommaient dans les rucks ; et l'agressivité homme à homme, la rage de vaincre mise sur chaque plaquage d'autre part. Et les Toulousains se sont jamais parvenus à trouver la faille dans ce système défensif. Et mise à part la semaine dernière à Swensea face aux Ospreys, je n'ai pas le souvenir de voir une équipe du Stade Toulousain sortir d'un stade en n'ayant inscrit que six malheureux points. Image symbolique s'il en est de cette impuissance, dans les dernières minutes du match, Vincent Clerc qui intervient dans la ligne se fait renvoyer dans son camp manu militari par les centre Grenoblois Hunt et Jahouer. Vincent Clerc qui espérait un meilleur scénario  face à son club formateur.

 

Malgré ce triptique laportien Conquête-Défense-Occupation, les Grenoblois n'ont pas pu s'empêcher de mettre un grain de folie dans leur jeu, avec cette relance initiée depuis son en-but par Lucas Dupont (le seul homme à faire un arrêt-de-vollée dans son en-but, au lieu d'applatir), qui s'élance à travers ses 22, pour venir s'empaler sur la troisième-ligne toulousaine ! Sur le ruck, le ballon est conservé, et gicle très vite sur le côté gauche, ou la paire de centres magique Hunt-Jahouer met le feu, pour placer l'ailier fidjien Waqaseduadua dans l'intervalle, jusqu'à la ligne des 50 ! La défense Toulousaine se replace bien en retard, et la pénalité - réussie de plus de cinquante mètres par Valentin Courrent - sera celle du break, à 15-6.

 

Et l'exploit tient encore à une stat : contrairement à la première période, les Toulousains ont outrageusement dominé la deuxième période, avec des pourcentages de possession et d'occupation proches de 75% ! Et bien je peux vous garantir que réussir à n'encaisser AUCUN point face à une équipe du Stade Toulousain archi dominatrice durant toute une mi-temps, c'est une fabluleuse prestation !

 

Une équipe qui sait gagner

Alors ce qui me plait aussi dans cette victoire, c'est qu'à la manière du XV de France lors de ces tournées d'automne, ce FCG là s'est montré capable de gagner des matchs aux scénarios complètement différents : archi-dominateurs face au Racing-Métro on l'a dit plus haut, ou face à Biarritz, mais aussi dans des matchs accrochés comme face à Bayonne, et même en étant dominés, comme face à l'USAP, ou hier face au Stade Toulousain.

 

Après le match, Ricou me faisait remarquer que sur les deux derniers matchs que l'on avait vus ensemble sur ce mois de décembre, on avait assisté à deux magnifiques matchs sans essai ! Et oui, après la somptueuse découverte du  stade Marcel Michelin de Clermont le 9 décembre, on a donc vu le FCG triompher sans essai mais avec quelle maitrise hier !

Par Rugbyfoue - Publié dans : In Situ
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Vendredi 21 décembre 5 21 /12 /Déc 13:30

Quand j'étais au lycée, ma mère me parlait de temps en temps de sa collègue de boulot, "Tu sais, celle qui a son fils qui joue au FCG !" Ouais, bof, moi j'écoutais d'une oreille... Des mecs qui jouent au FCG, y en a un paquet, vu qu'il pillaient les deux ou trois meilleurs joueurs de tous les clubs de la région en cadet.

Puis le feuilleton a continué : "oh, tu sais ma collègue dont le fils joue au FCG, elle m'a dit qu'il avait joué son premier match avec les séniors". Super maman. C'était l'époque de la prépa, où j'allais plus beaucoup à Lesdiguières... Bref, j'en faisais pas une affaire d'état...

 

Jusqu'au jour où : "Oh le fils de ma collègue qui joue au FCG, elle m'a dit qu'il avait signé au Stade Toulousain !" Ah oui, là j'ai tendu l'oreille, et j'ai fait le rapprochement avec LE Vincent Clerc, qui avait brillé sur la PRO D2 lors de la saison 2001-2002 avec le F.C. Grenoble, et qui n'a donc jamais évolué dans l'élite du rugby avec le FCG, puisqu'il s'est envolé pour le Stade Toulousain dès l'année de la montée, en 2002. Arrivé au sein de cette pléiade de stars, récent champion de France (1999 et 2001), il se faisait tout de suite une place au soleil, titulaire à l'aile, et honorait sa première sélection en équipe de France dans la foulée, deux mois plus tard, le 9 novembre 2002 au Stade Vélodrome de Marseille... (un match que j'ai eu la chance de voir depuis les tribunes).

Dès cette première saison dans l'élite, il joue déjà deux finales : finaliste malheureux du Championnat de France face au Stade Français, mais victorieux an Coupe d'Europe face à l'USAP, à Dublin. Cette saison sera tout de même cloturée par une cruelle désillusion : après avoir joué les test-matchs de tournée à l'automne 2002 et le Tournoi 2003, il n'est pas retenu par Bernard Laporte pour disputer la Coupe du Monde 2003 en Australie.

 

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Sans revenir sur tous les faits d'armes de sa longue carrière chez les Rouges & Noirs ou en Bleu - carrière encore en cours, et au moins pour trois ans puisqu'il ambitionne ouvertement de disputer la Coupe du Monde 2015 - nous pouvons tout de même citer quelques records, puisqu'il a des statistiques hors normes !

Il a réalisé trois hat-tricks sous le maillot bleu, dont deux en Coupe du Monde : face à la Namibie à Toulouse, lors du mondial 2007 ; contre l'Irlande lors du Tournoi 2008 ; et contre le Canada, à Napier lors de la dernière Coupe du Monde !

Et avec trente-quatre essais en bleus, il vient de chiper la deuxième place du classement à son sélectionneur  Philippe Saint-André, et pointe désormais juste derrière le recorman de la stat, le légendaire Serge Blanco - excusez du peu - qui a pointé trente-huit fois en terre promise avec le XV de France.

Avec ses trente-quatre essais en soixante-trois sélections, notre ami grenoblois frole les 0,5 essais par matchs !

 

Autre record, Vincent est tout simplement le meilleur marqueur de l'histoire de la H-Cup, la Coupe d'Europe de rugby, avec un taux sensiblement identique, puisqu'il est allé à dame trente-quatre fois, là aussi, en soixante-huit rencontres européennes !

 

Mais c'est à Grenoble qu'il a été formé, après avoir découvert le rugby au collège de Saint-Egrève, et pris une première licence au Fontanil. Mais il rejoint le FCG dès les minimes... L'un dans l'autre, vu qu'on n'a qu'un an d'écart, rien n'empêche qu'on ait été opposés sur un terrain, en minime notamment !

Lors des trois saisons du FCG en TOP16 entre 2002 et 2005, il est donc venu trois fois au Stade Lesdiguières avec le Stade Toulousain, et je me rappelle avoir assisté à l'une de ces rencontres. Comme on pouvait s'y attendre dans le monde du rugby, son nom avait bien entendu été acclamé par le public grenoblois lors de l'annoce de la composition des équipes. Dès la fin du match, j'avais couru sur la pelouse pour être le premier à lui taper sur l'épaule, et j'avais eu quelques secondes pour échanger ces quelques mots avec lui : "Hey Vincent, tu remarcieras bien ta mère pour m'avoir eu des places pour ce soir !", et citant le nom de sa mère pour donner du crédit à mon propos (ce qui était vrai !). Il m'avait écouté, et répondu "OK !" avec un grand sourire, avant qu'une foule de supporters locaux, de tous les âges, nous fonde dessus et l'angloutisse pour de longues minutes d'autographes et de poignées de main.

Un souvenir super sympa, dont il ne reste aucune preuve puisque les téléphones en prenaient pas de photo à l'époque.

 

Dans le cadre de la 13e journée (et donc dernière des matchs aller), le F.C. Grenoble accueille demain au Stade des Alpes le Stade Toulousain, double tenant du Bouclier de Brennus, pour un match à guichets fermés depuis deux mois !

Souhaitons donc à Vincent un bon match demain, mais pas trop quand même puisqu'on va pousser très très fort derrière les p'tits gars du FCG, derrière nos Rouges & Bleus, pour rester invaincus à domicile cette saison.

Mais les Toulousains sont complètement passés à côté de leur match en H-Cup la semaine dernière, et cette équipe a la facheuse habitude de ne jamais perde deux matchs consécutifs - c'est le cas depuis six ans ! D'autant plus que Guy Novès, le manager toulousain - et... beau-père de Vincent Clerc, puisque celui-ci a épousé Valérie Novès, la fille ainée du gouroux toulousain - a bien fait comprendre à ses joueurs qu'ils avaient perdu ce match tout seul à Swensea, se montrant loin du niveau attendu, et qu'il attendait d'eux un tout autre match demain face à Grenoble !

De son côté, Fabrice Néné Landreau, le manager de Grenoble  a évoqué un sentiment mêlé d'excitation et d'appréhension...

 

A noter que Vincent a déjà évolué sur cette pelouse du Stade des Alpes, et déjà sous mes yeux, en novembre 2010 lors d'un match des Barbarians Français face aux Tongas. La sélection au malliot bleu-bleu-bleu était entrainée ce jour-là par Guy Novès ce jour-là, et celui-ci avait offert à son gendre un match devant son public !...

 

Espérons que le duel tant attendu avec le jeune Lucas Dupont, fera des étincelles ! Duel un peu particulier entre ces deux joueurs qui ont dix ans d'écart, et qui affichent un CV très proches : nés à Echirolles, formés au FCG, évoluant au même poste d'ailliers bien-sûr, et révélés au grand public avec le FCG, en PRO D2 l'année de la montée en élite, à dix années d'intervalle là aussi !..

Alors demain en tribune Ouest !

Par Rugbyfoue - Publié dans : Actualité
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