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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:33

Et oui Jules-Edouard, j'étais tranquillement en train de siroter ma Guinness dans ce pub Irlandais tant aimé, lorsque j'ai eu la stupeur d'apprendre que le match que l'on attendait venait d'être annuler !

Comme tous les supporteurs de rugby, j'ai en effet ce week-end eu la mauvaise surprise de découvrir le report décidé à la dernière minute du match du tournoi des VI-Nations entre la France et l'Irlande au Stade de France samedi soir 21h.

 

Stade-de-france-bache.jpg

 

Les faits

Tout a commencé... samedi 4 février en fin d'après-midi, à l'issu du premier match du tournoi 2012 entre la France et l'Italie. Les joueurs se sont en effet plain que plusieurs zones du terrains, notamment près des touches et des en-buts, étaient à la limite du praticable : terrain dur, voire gelé !

Dès lundi 6 février la FFR communiquait donc ses craintes que ce phénomène se renouvelle voire empire pour ce France Irlande prévu le samedi soir suivant, à la fois auprès du Comité des VI-Nations, et du consorsium en charge de l'exploitation du SdF.

Pendant ce temps, quelles dispositions ont été prises par le Stade de France ? Le silence de ses responsables le lendemain de l'annulation nous permet de penser qu'ils ne sont pas tout blanc dans cette affaire, et que tout n'a pas été mis en oeuvre pour assurer un état convenable du terrain. Les responsables de la FFR ont donc fait confiance au consorsium durant la semaine avant de constater que le dispositif était plus que précaire : "deux misérables chaudières, et un drap de lit fendu en guise de bache" !

La fédération française se donnait les moyens de prévenir le danger d'annulation en allant récupérer l'arbitre de la rencontre à la tombée de son avion vendredi, pour que si refut de laisser le match se dérouler il y ait, ce soit au plus tôt. Et dès le vendredi soir celui-ci confirmait bien la tenue du match !

Dans la journée du samedi, l'arbitre anglais Dave Pearson a plusieurs fois vérifié l'état du terrain et prononcé des OK successifs. Jusqu'à la dernière vérification quelques minutes avant le coup d'envoie, et le foird polaire tombé ce soir-là lorsque le soleil de février s'en est allé a bien gelé la pelouse. Conslusion : match annulé !

 

A qui la faute ?

C'est évidemment l'une des deux grandes question, avec la date du report. Le rôle principal a bien-sûr été tenu par Mr Pearson, l'arbitre qui a pris la décision. Son homologue français Christophe Berdos assure qu'il n'a fait qu'appliquer le règlement : "Il est obligé d'attendre les minutes précédant le coup d'envoi. (...) S'il avait laissé le match se dérouler et que plusieurs internationnaux s'étaient blessés, sur qui on aurait tapé ? Lui." Et c'est ce qu'il m'est apparu le plus important : il a fait son job, et il est surement celui qui l'a fait le mieux dans toute cette affaire. Pierre Camou (président de la FFR) et d'autres officiels n'ont pas caché leur colère contre le referee anglais, mais il a pris ses responsabilités, il a eu les couilles d'assumer son rôle, et de prendre cette décision surement justifiée à en croire les avis des joueurs ayant joué le match contre l'Italie. Dès le lendemain, l'instance surpême du rugby mondial, l'IRB, a soutenu officiellement son arbitre et sa décision. Ouf.

Certains joueurs sont même allés jusqu'à soutenir ouvertement l'arbitre, comme Louis Picamoles : "Pour une fois qu'une décision va dans le sens de la sécurité des joueurs". Tout est dit... Il est vrai que depuis quinze ans les calendreier déjà surchargés voient le nombre de matchs par an augmenter, et que les périodes de vacances, récupération et préparations sont réduite à portion congrue pour les joueurs internationnaux.

C'est même rassurant de se dire qu'un arbitre peut encore avoir suffisamment de poids pour prendre une décision de cette importance.

 

Il est clair que les équipes du Stade de France n'ont pas su protéger la pelouse et gérer la situation. Dans le même temps, des matchs se sont joués à Clermont, Grenoble, ... et même à quelques encablures du SdF, à St-Denis (match de CFA). Autre fait : tout le monde a fait l'autruche en serrant les fesses toute la semaine, en espérant que ça passe. Et aucune alternative n'a été évoquée pour empêcher ce fiasco.

Quelles auraient pu être ces décisions ?

La plus évidente aurait été de déplacer l'heure du match. Il est évident que la température descend fortement au cours de la soirée et qu'il faisait un froid moins polaire dans l'après-midi. Contrairement à décembre ou janvier, un soleil de février peut déjà avoir une influence sur la température dans la journée. Alors certes ce n'est pas une décision légère et certains supporteurs avaient surement prévu de n'arriver que dans la journée sur Paris, mais prise plusieurs jours à l'avance et bien communiquée, on aurait éviter une annulation. D'autant plus que France-Télévision avait même proposé une plage horaire en début d'après-midi ! Et il faut croire que c'est possible, puisque la rencontre de PRO D2 prévue samedi prochain entre Périgueux et le FCG est avancée de 18h30 à 14h.

 

Conséquences

Le calendrier des compétition professionnelles est déjà plus que surchargé, avec dix doublons prévus cette saison, c'est-à-dire dix journées de championnat de TOP 14 qui se sont ou vont se dérouler à la même date qu'un match du XV de France. Ce sont donc les clubs qui payent le prix fort, puisque le match est reprogrammé au 4 mars prochain, et qu'un onzième week-end de doublon aura donc lieu à cette date. Le choc Clermont-Toulouse entre les deux meilleures équipes du TOP 14 et plus gros pourvoyeurs du XV de France aura donc lieu sans leurs internationnaux français. Comme le dit Pierre-Yves Revol, le président de la Ligue, ce sont les clubs qui payent les joueurs douze mois pas an.

Les clubs par l'intermédiaire de la Ligue avaient même fait le demande auprès du Comité des VI-Nations que le match se joue après la saison, en juin, voire plus tard, en novembre, autre fenêtre internationale du calendrier. Mais il n'ont pas eu gain de cause, comme on pouvait s'y attendre.

Du côté de la FFR, on n'a pas tout perdu dans cette histoire. En effet, on s'agite depuis deux ans maitenant, sous la direction de Serge Blanco, pour ériger un grand stade de 82 000 places de rugby en région parisienne dont la Fédération Française serait propriétaire, tout comme la RFU est propriétaire de Twickenham. Enjeux majeur : ne plus subir l'énorme manque à gagner financier provoquer par les prix exorbitants de location de l'enceinte située en Seine-Saint-Denis. Cette énorme bévue du consorsium du Stade de France plaide donc en la faveur du projet de FFR Stadium cher à Pierer Camou.

 

Etait-ce une première ? Pas du tout, puisqu'en 2001, l'épidémie de fièvre aphteuse, le Foot & Mouth disease, avait provoqué l'annulation des trois derniers matchs de l'Irlande dans le Tournoi. Ces trois rencontres avait alors été reportées en novembre, dont la dernière à Dublin face aux Anglais : la victoire irlandaise ce jour-là priva même les Anglais du plaisir de faire le premier Grand Chelem de l'histoire du Tournoi à VI équipes ; plaisir que nous Français nous sommes empressés de leur ravir dès l'année suivante.

En 1962, Irlande-Galles avait été reporté et joué... lui-aussi en novembre. Et fait ô combien surprenant, en 1972 deux matchs avaient été annulés suite aux violences et aux évènements politiques en Irlande... et jamais reportés !

Espérons tout de même que cette fois, ce France-Irlande soit bien rejoué, le 4 mars prochain à 16h, au Stade de France !

 

 

Source principale : Midi Olympique du 13/02/2012

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 17:18

On craignait ce match face aux Italiens, qui progressent d'année en année, qui ont posé de gros problèmes à l'Australie et à l'Irlande lors de la dernière Coupe du Monde, et qui vont franchir un nouveau pallier sous la patte du sorcier Jacques Brunel. Et surtout on s'intérogeait sur cette équipe de France semi-new look, avec un nouveau staff et un nouveau projet, mais une ossature inchangée : quelles intentions, qualités, lacunes...

 

Le film du match

Les vingt premières minutes ne se sont pas du tout déroulées tel l'idée qu'on s'en faisait. L'Italie affichait son éternelle agréssivité, mais jouait à l'opposée du style affiché pendant la dernière décénnie : la Squaddra occupait le terrain, possaidait le ballon, jouait et proposait un gros volume de jeu.

Les Français quant à eux étaient alors en demi-teinte. Ils n'arrivaient pas à poser la main sur le ballon et le jeu, mais ont su faire le dos rond : une défense agréssive - avec de beaux plaquages positifs, de Picamoles, le bizuth Fofana, Servat et bien-sûr le capitaine Thierry Dusautoir notamment - appliquée, disciplinée, et 100% de plaquages réussis. Pour seulement 3 points encaissés, un moindre mal.

Malgré cette incapacité à mettre la main sur le ballon, nos bleus affichaient de belles intentions sur leurs rares balles, avec de vives relances, d'un Malzieu feu-follet. Yachvili enquillait même trois point à la 12e minute sur une pénalité réussie exactement dans la position où iul rata lors de la dernière finale de Coupe du Monde ! 3-3.

 

Et le premier essai français à la 21e minutes sur une belle pénétration d'école d'un Rougerie motivé comme un junior n'a rien changé au film : c'est toujours les Italiens qui avaient l'intiative : très généreux, ils tenaient le territoire et la possession, mais stériles grâce ou au cause d'une solide défense tricolore. Et la Françe affichait le même sérieux et la même patience jusqu'à ce deuxième essais sur un mêlée gagnée sur introduiction Italienne, avec gors travail de Picamoles qui fait 20m, et une finission majistrale sur 40m (s'il vous plait) de Julien Malzieu, encore lui, étincelant sur cette première mi-temps ! 15-6 à l'heure des citrons.

malzieu.jpg

A la mi-temps, Philippe Saint-André résumait bien ce premier acte : "On laisse trop le ballon aux Italiens qui l'utilisent très bien. (...) Il faut être plus précis, et avoir beaucoup plus l'initiative du jeu." Et oui, on ne sentait pas les Français en difficulté, mais ils devaient remettre la main sur ce match. Les stats confirmaient les dires du sélectionneur français : 60% de possession et 74% de territoire pour la Squaddra Azzura !

 

Mais la 2e mi-temps démarrait sur les même bases : les Italiens portaient le ballon, faisaient le jeu, et les Français subissaient tout en restant sérieux en défense, et opportunistes sur leurs récupérations. Puis petit-à-petit, les Italiens s'essouflaient et perdaient du jus et les Français étaient de plus en plus incisifs, toujours plus efficaces en attaque.

Nos p'tits bleus allaient donc deux fois de plus à Dame lors du 2e acte. Et à aucun moment ils ne sont tombés dans le piège de la facilité et du sur-enthousiasme : ils restaient très appliqués, et s'offrait même le luxe d'être efficaces en attaque, et défendait jusqu'à la dernière minute pour garder leur en-but inviolé.

 

Les encouragements du jury

Les Italiens n'ont pas démérité, ont montré de belles qualités et de l'enthousiasme, et ont pris le jeu à leur compte, ce qu'on ne les voyait jamais faire ! Ils ont confirmé leur belles prestations de la Coupe du Monde, mais comme en octobre dernier le score est largement à leur désavantage au coup de sifflet final. Alors j'ai envie de leur dire tous mes encouragements, car ils sont sur le bon chemin pour rejoindre le niveau des meilleures nations : ils tentent, occupent, jouent, et ne se contentent pas de foutre la merde dans le jeu adverse. Aujourd'hui leur conquête (touche, mêlée) a été conquérante et largement à la hauteur de la France, et ils ont fait preuve de discipline. De bonnes bases pour travailler et progresser.

 

Quant à nos bleus-en-blanc, ils ne font pas un grand match, mais incontestablement un bon match, et le bilan pour les Bleus est plus que positif : la victoire tout d'abord, à laquelle PSA tenait avant tout et mettait en prioirité n°1. Et une belle victoire 30-12 avec quatre essais à zéro.

Les Français ont même fait preuve de belles qualités : une défense solide malgré une grosse possession italienne, pénalisée une seule fois, une conquête qui a su assurer. Aussi une attaque ultra efficace, capable de marquer sur quasiement toutes ses occasions ; on a su gagner sans dominer, avec patience, une preuve de maturité et d'intelligence. Ca fait plaisir après toutes ces décennies où on perdait en faisant tout le jeu !

Mais le nouveau staff du XV de France a évidemment du pain sur la planche, et des lacunes ont sauté aux yeux. La possession du ballon et la main sur la match en premier lieu, évidemment. De telles stat face aux nations majeures risquent de ne laisser qucune chances à nos bleus de l'emporter ! Quelques ballons perdus et imprécisions, mais on peut mettre ceci sur le manque d'automatismes d'un groupe qui ne travaill ensemble que depuis 10 jours. Par contre les deux touches perdues et les mêlées chahutées ou pénalisées sont plus inquiétantes... A suivre.

L'alternance n'a pas non plus été fabulause, avec un jeu au pied timide voire approximatif, aucun maul sur touche (les fameuses cocottes)...

 

Ces lacunes étaient "attendues" pour un premier match avec un nouveau staff et un nouveau projet de jeu. Il est normal de s'appuyer en premier lieu sur une défense solide, ce qui est la mailleure base pour travailler et construire. On verra donc plus tard pour détailler le système de jeu offensif de PSA, mais on voit que les ballons de récup sont déjà une arme efficace, avec des schéma travaillés !

Et tout ça nous met en apétit pour découvrir ce que le XV de France pourra faire samedi prochain

 

Les hommes du match

Wesley_Fofana.jpgCôté français, tout le monde est a féliciter pour la prestzation en défense, aussi bien individuellement que collectivement. Mention spéciale dans ce secteur à Cap'tain Dusautoir évidemment, Servat, Picamoles et Fofana pour de bons tampons. Dans le jeu la paire de centre clermontoise Fofana-Rougerie a éclaté ce match de toute sa classe, le premier nommé ayant réussi à "ouvrir des portes à peine entre-ouvertes" selon Fabien Galthier et s'offre même - cerise sur le gâteau - un essai pour sa première cape, le second nommé jouant bien son rôle de papa des lignes arrières. Malzieu, autre feu-follet clermontois s'adjuge le talent d'or, et Picamoles, Yachvili, Papé ont fait avancer leur équipe. Petite déception encore pour François Trinh-Duc, qui n'affiche pas en équipe de France le niveau qu'il montre avec son club de Montpellier.

Chez nos amis italiens, la première ligne a posé de gros problèmes à sa vis-à-vis française, avec ses deux chevaliers cheveulus Lo Cicero et Castrogiovanni. Le talonneur Ghiralmdini s'est beaucoup proposé dans le jeu avec beaucoup de tranchant, et le Capitaine Sergio Parisse a encore été au dessus du lot. Derrière, la charnière a bien essayé d'animer, mais les 3/4 ont été étouffés par la défense française.

 

A venir cette semaine, une histoire de trophées...

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 19:32

Dans la Ferme des Animaux de George Orwell, ce sont les cochons qui prennent le pouvoir. Dans la maison bleus, c'est un goret ! En effet, Philippe Saint-André, surnommé le goret pour la grace de ses courses, est depuis le 1er décembre dernier le patron du sportif au sein du XV de France. Ses adjoints seront Yannick Bru pour les avants (venu du Stade Toulousain), et Patrice Lagisquet pour les 3/4 (venu du Biarritz olympique).

Et c'est un grande fierté pour moi de savoir qu'un Dauphinois est à la tete du XV de France !

Goret-1.jpg 

Son CV

Saint André est en effet originaire de Romans s/ Isère, dans la Drôme, où il commença sa carrière de rugbyman sur le tard, après 16 ans, puisqu'il était un grand espoir...du tennis français !

Mais c'est à Montferrand, à l'ASM, qu'il effectue la majeure partie de sa carrière en club, au côté de son frère Raphaël. Il a vécu la passage du rugby au professionalisme en 1995, et il fait donc partie des tous premiers joueurs français à être partis jouer à l'étranger avec Roumat, Lacroix, Cabannes (Afrique du Sud) et Sella (Angleterre) : il part en 1996 jouer à Gloucester, chez les Cherry & White.

 

Il a bien-sûr réalisé une superbe carrière en équipe de France, de 1990 à 1997, avec une magnifique Coupe du monde 1995 et la 3e place face aux Anglais, une tournée victorieuse en Afrique-du-Sud (1993) et une en Nouvelle-Zélande (1994), exploits suffisamment rares pour être signalés. Il affiche à son compteur 69 sélections, dont 34 en tant que capitaine.

Saint-André n'était certainement pas un joueur racé, ni élégant, a fortiori au sein de la communauté des ailiers. Et si on retient quelque chose de son allure en tant que joueur, c'est plus son anti-classe que sa classe : les chaussettes en bas, le maillot débraillé, le dos vouté. Pour ses courses il était comparé à une tondeuse à gazon. Par contre, il est le 2e meilleur marqueur de l'histoire du XV de France, derrière Serge Blanco, avec 32 essais. Il était efficace comme personne pour finir une action alros que rien n'était fait. Combien d'essais disgracieux, mais fabuleux a-t-il marqué malgré plusieurs adversaires autour de lui ?

 

Il fut aussi un capitaine exemplaire pour le XV de France. Il est très rare au rugby de voir un ailier capitaine, car les joueurs à ce poste sont éloignés du coeur du jeu, du front - on trouve Rougerie avec Clermont, N'Tamack avec Toulouse, à chaque fois des semi-légendes. Mais son carisme et son engagement ont amené Berbizier puis Skrela à lui faire cette confiance.

 

Saint-André est aussi connu pour avoir été impliqué dans ce qui est peut-être les deux plus beaux et essais du XV de France. Il est à la conclusion du premier de ces essais, à Twickenham en 1991 : un essai de plus de 100 m puisque il part de l'en-but français, suite à une pénalité manquée de Simon Hutchinson. On retrouve tous les génie du rugby français de cette époque : dans l'ordre Serge Blanco, Jean-Ba Laffont, puis Sella qui fait 30 m, et attend inteligemment du soutien. Cambé, pas connu pour être un génie, enrhume ensuite six Anglais : il tape pour lui-même, récupère, puis fait un geste à la mode 30 ans plus tôt : un coup de pied de recentrage, pour notre goret national qui détale pour être le premier à la retombée du ballon et plonge sous les poteaux, sous les yeux de 60.000 Anglais médusés par autant d'auduce, par ce "French Flair", alors à son apogée. Je me souviens malgré mon jeune age ce jour-là, tout comme je me souviens que cet essais ne nous a pas suffi pour gagner face à notre bête-blanche de cette époque (7 ans de défaites face aux Anglais...)

Trois ans plus tard, il est capitaine et initiateur de l'essai du bout du monde, inscrit à Aukland face aux All Blacks, pour être la première (et unique) nation de l'histoire à remporter une série de test sur le sol néo-zélandais, en 1994 : une relance du bout du terrain, où neuf joueurs français donnent le tournis aux Blacks, pour un essais de Sadourny. (Quand je revois cet essai, je ne peux pas retenir mes larmes !) Je me souviens aussi très bien de cette essai, avec mon père on était rentré en fusion ! La future star Jonah Lomu en était à ses toutes premières sélections, et on voit très bien ses grosses lacunes défensives qui ont failli lui couter sa carrière en noir (0:56 et à 1:59 dans cette vidéo) ! Pour info, l'antépénultième joueur de cette action, Yann Delaigue, est le cousin du Jouet, pour ceux qui la connaisse...

 

Philippe Saint-André embrasse rapidement le métier d'entraineur, tellement rapidement qu'il n'attend même pas la fin de sa courrière de joueur : il est en effet entraineur-joueur pendant deux saisons à Gloucester, en 1998-2000, puis enchaine deux années de plus sur le banc. Et premier palmarès gravé au bas du trophée : 3e en 2000, et Champion en 2002 !

Là-dessus il revient en France, et entraine Bourgoin-Jallieu pendant 3 saisons, avec une 1/2 finale en 2004. Pas de titre, mais plus de trois ans consécutifs d'invincibilité inviolée à Pierre-Rajon à cette époque, et l'éclosion d'un certain Sébastien C. ! Il enchaine avec un retour dans le brouillard Anglais en 2005, avec Chabal dans ses bagages, pour entrainer les Leeds Sharks. De nouveau il étoffe son palmarès, avec un titre de champion dès la première année (excusez du peu).

Il s'impose alors comme un référence du métier, et est plusieurs fois nommé meilleur entraineur du championnat.

 

En 2009 c'est Mourad Boudjellal qui vient le chercher pour construire son Grand Toulon. Une première saison réussie, deuxième de la phase régulière, et une défaite après prolongation dans une 1/2 finale d'anthologie face au futur champion Clermontois, son club de coeur. Moins de réussite cette année, puisque Toulon ne se qualifiera même pas pour les plays-offs.

 

Son mandat à la tête des Bleus

PSA a donc été choisi pour diriger le XV de France après le désistement de Guy Novès, qui était le premier choix de la fédé. Maintenant que Saint-André est donc à la tête de la maison bleue, qu'attendre alors de son mandat ?

 

La premier objectif est bien entendu de soulever la timbale en octobre 2015 à Twinckenham, d'être Champion du Monde dans quantre ans. Il ne faut pas se le cacher. Depuis que les Coupes du Monde existent, les mandats d'entraineurs coulent le plus souvent de quatre ans en quatre ans, et ils ont pour mission de construire une génération qui soit à maturité pour l'échéance mondiale suivante. L'Angleterre Championne du Monde en 2003 en est l'exemple le plus accompli, avec une moyenne d'age supérieure à 30 ans, et très peu de jeunes joueurs. Même la pépite Jonny Wilkinson, avait été mis dans le grand bain dès 1999, pour se forger une expérience et un caractère, et il était à point pour mener la vaisseau de Sa Majestée au titre suprême quatre ans plus tard.

Il paraitrait en effet peu habile de donner leur chance à de nouveaux et jeunes joueurs quelques mois avant un mondial. Mais il ne faut pas non plus dénigrer les compétitions qui ont lieu tous les ans : au premiers rangs desquelles le Tournoi des VI Nations en Europe, et The Rugby Championship (ex Tri-Nations) dans l'hémisphère sud. Nombreux sont les peuples qui attendent chaque année de voir leur équipe remporter qui la Calcutta Cup*, qui la Bledisloe Cup**, qui le Grand Chelem, qui les tournées automnales...

 

Alors pour PSA, gaganer la Coupe du Monde dans quatre ans n'est pas le premier objectif, mais certainement le plus important. Le premier objectif de son mandat, c'est de battre l'Italie, samedi au Stade de France, puis de remporter le Tournoi dès cette année. Il veut gagner, accumuluer des victoires et ainsi accumuler de la confiance pour construire petit à petit son groupe pour 2015. Ses choix seront guider par cette logique : faire jouer la meilleure équipe, et les joueurs en forme du moment !

Je trouve tout à son honneur prendre ainsi chaque chose en son temps.

 

Il clame aussi haut et fort que la France a besoin de jouer, de plus jouer, et contre les meilleures nations. Alors la dimension prise depuis dix ans par notre vieux Tournoi avec l'éclosion d'équipes galloises et irlandaise du plus haut niveaux (deux Grand Chelem pour les Gallois et un pour les Irlandais dans cette décénie, et des prestations majuscules lors de la dernière coupe du monde, notamment les gallois qui alignent six joueurs dans notre équipe type) nous assure déjà trois gros matchs par an si on ajoute l'Angleterre. Plus l'Ecosse et l'Italie qui ne sont jamais faciles à battre.

Mais PSA insiste : il ne veut pas trois mais quatre matchs lors des tournées d'automne qui ont lieu chaque année en novembre. Il sait que la victoire au rugby passe par la construction d'un groupe, et qu'un groupe ne se contruit pas en quelques stages et quelques rencontres par an.

On n'en a donc pas fini avec l'éternelle guerre des calendriers, ceux-ci étant dejà bien trop surchargés depuis une quinzaine d'année. En effet, les clubs ont peur de voir leurs compétitions disparaitre ou être déclassées au profit de compétitions internationales, et les nations ont peur de ne jamais pouvoir réunir leur groupe, au profit des clubs, donc personne ne lache rien.

Sans compter le "qui paye quoi" : qui paye les joueurs quand ils sont en sélection, quand ils se blessent en sélection... On compte sur le passé proche de Saint-André en tant que manager de club du TOP 14 pour faire avancer ces débats qui semblent éternels !

(En parlant de calendrier, une page sera bientôt disponible sur ce blog présentant le calendrier des principales compétitions)

 

Winston-Churchill.jpgEn terme d'état d'esprit, Saint-André a prévenu qu'il voulait mettre les valeurs premières du rugby en avant. Autrement dit, pas de starlettes, pas de défilés de mode, mais "du sang, de la sueur" et au rugby on remplace les larmes par la boue. Il sait que rien n'est possible au rugby sans combat, sans gagner les duels, sans faire reculer l'adversaire... Et ça aussi ça se voit dans sa composition !

 

 

 

 

Sa première compo

Avez-vous jeté un oeil au classement du TOP 14 ? Toulouse et Clermont caracolent en tête, avec respectivement 15 et 9 points d'avance sur le grupetto qui n'arrive pas à suivre le rythme. En H-Cup ? Il ne reste que deux clubs français : les deux même. N'y voyez donc pas un hasard si ces deux clubs présentent cinq joueurs chacun dans le XV de départ, plus quatre sur le banc !

Et de nombreux choix s'expliquent bien par cette politique de l'homme en forme que Saint-André défend. Cette première composition n'est en effet pas construite pour préparer l'an 2619, mais bien pour battre l'Italie avec les meilleurs hommes du moment. On retrouve dans le groupe des plus que trentenaires qui ne seront pas de voyage pour le prochain Mondial : Lionel Nallet, Julien Bonnaire, William Servat, Jean-Baptiste Poux, voire Aurélien Rougerie, Dimitri Yachvili. Par contre, on trouve bien un bizuth, Wesley Fofana, et trois revenant : Julien Malzieu, Vincent Debaty et Lionel Bauxis. Leurs clubs ? L'AMS Clermont et Toulouse bien-sûr !

 

Debaty.jpgA la tronche, en 1ère ligne, ça fait très plaisir de voir arriver Vincent Le Belge Debaty (voir photo), excellent joueur de ballon et très disponible dans le jeu, dynamique. Une trempe de piliers dont Califano a été le précurseur. La preuve cet essai d'anthologie de 95m avec Clermont la saison dernière, alors que le match était gagné, mais qu'il manquait un essai pour ajouter le point de bonus. (ou avec le commentaire de Moscato !) J'attendais Szarzewski titulaire, qui piaffe depuis quatre ans derrière la Buche, mais c'est bien Servat qui est aligné. Mas tient sa place, et Poux rend service sur le banc.

Dans la cage, en 2e ligne, Papé est bien le meilleur 2e-ligne français, et Maestri intègre enfin le groupe. Millo-Schluski blessé, le vieux guerrier bressan Lionel Nallet vient en renfort, et ça ne rassure pas vraiment nos adversaires. Il est tout à fait le type même de bagareur (au bon sens du terme) que PSA veut mettre en avant, et compte sur lui pour faire transpirer ce trait de caractère sur le reste du groupe.

En 3e-ligne, l'ancien Bonnaire-le-Berjallien est trop au dessus du lot (lui et son club... Clermont !) pour être oublié, et Cap'tain Titi Dusautoir est indispensable. Difficile pour Fufu Ouedraogo et Yannick Nyanga d'être écartés alors qu'ils sont excellent en clubs. En n°8, l'avenir est préféré avec Picamoles, plutôt que Harinordoquy qui vit une saison délicate en club (le BOPB est dernier !), et qui peut rentrer aux trois places.

A la charnière :  les hommes en forme ! Le môme Parra est l'avenir, mais le Yach' tient la corde et est titulaire. en 10, François Trinh-Duc est le taulier, et retrouve SON n°1. Mais on a enfin un grand jeuau pied et on a enfin un choix difficile à faire à ce poste, avec Lionel Bauxis qui fait gagner Toulouse. Avantage à FTD pour la combativité, à Bauxis pour le jeu au pied donc, et égalité dans la conduite du jeu.

Au centre, Maxime Mermoz paye lui aussi les difficultés de son club, et ce sont... les hommes en forme qui jouent : Wesley Fofana, accompagner par son papa et capitaine de club, Rougerie. Et le triangle arrière ? Les hommes en forme pardis ! Clerc est Grenoblois et indiscutable, Médard et Malzieu sont jeunes et les meilleurs en ce moement...

 

RDV samedi 15h30 face aux maccaroni.

 

 

*Calcutta Cup : trophée remis en jeu chaque année entre l'Angleterre et l'Ecosse depuis 1879

**Bledisloe Cup : trophée remis en jeu chaque année entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande depuis 1932

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 14:54

Rugbyfoue.over-blog.com revient donc pour votre plus grand plaisir à tous après trois mois d'absence pour cause de voyage en Asie du Sud-Est ; une région du monde fatastique à découvrir, mais où le ballon ovale est aussi absent que les députés à l'Assemblée...

 

Que nous réserve donc 2012 sur le plan rugbystique ?

Alors j'en resterai bien évidemment au rugby, car il y a suffisemment de personnes pour donner leur avis sur les évènements politiques ou économique comme ça ; et pour le ciné vous irez vour mon ami dh84.

 

Une année de transition

Comme c'est le cas tous les quatre ans, les années post-Coupe du Monde sont des années de transition sur le plan internationnal. 1995 est l'exemlple le plus flagrant, avec une révolution : la fin de l'éternelle obligation de non-profesionnalisme, promulguée le 25 août de cette année, à la suite de la Coupe du Monde en Afrique-du-Sud, qui a ouvert le rugby au professionalisme. Cette année-là, la Coupe d'Europe de rugby et le Super 12 étaient créés, et ainsi naissaient les premières compétitions internationnales entre clubs ou provinces. Le Tri-Nation se jouait pour la première fois en juillet suivant, compétition qui prend son virage le plus important en 2012, comme on le verra plus bas. En 1987 l'Angleterre créa le championnat à douze clubs que nous connaissons toujours aujourd'hui ; en 2003 le championnat français adoptait la formule de la poule unique, le TOP16 à l'époque...

 

Ce sont les équipes nationales chez qui le changement est le plus évident : bien souvent les contrats des sélectionneurs courent d'une Coupe du Monde à la suivante, celle-ci créant donc des cycles de quatre ans. Après une campagne glorieuse ou calamiteuse selon les nations, de nombreux sélectionneurs quittent donc leur fonction, au premier rang desquel les deux finalistes : Graham Henry chez les All Blacks, et Marc Lièvrement en France. Suivent ceux qui n'ont pas atteint leur objectif lors de ce mondial : l'Anglais Martin Johnson, le Sud-Africain Peter de Villiers, et John Kirwan le kiwi du Japon.

article saint andreUne nouvelle ère s'ouvre donc pour ces nations majeures - j'inclue le Japon dans les nations majeures, puisque le Mondial 2019 aura lieu chez eux, et qu'il est hors de question pour les Cherry Blossom de ne pas atteindre les 1/4 de finale à cette occasion - de façon plus ou moins mouvementé. La FFR a annoncé le nom du successeur de Marc Lièvrement avant même la fin de son mandat, ce qui a fait grand bruit. Non pas que Lièvrement était candidat à sa propre succession (il a toujours défendu qu'il ne ferait qu'un seul mandat à son poste), mais celà aurait parait-il participé à sa perte d'autorité au sein du groupe français durant la Coupe du Monde... Mouais. Philippe Saint-André sera donc le patron des bleus pour les quatre prochaines année. (Un article est à paraitre à ce sujet cette semaine sur le blog de rugbyfoue).

 

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Chez les All Blacks, Steve Hansen, adjoint de Graham Henry à la tête du Pays de Galles dans les années 2000-2002 puis chez les All Blacks depuis 2007, prend tout naturellement la succession du gouroux. En Angleterre, Martin Johnson à quant à lui été limogé à la suite de la tourmentée campagne anglaise en Nouvelle-Zélande cet automne. Les joueurs de Sa très gracieuse Majestée ont en effet plus fait parler d'eux par leurs exploits nocturnes peu reluisants, que par leur parcours sportif, s'arrêtant dès les 1/4 de finale. Il est remplacé par Stuart Lancaster. An Afrique-du-Sud, c'est Heyneker Meyer qui prend la direction des Springboks, et au Japon, la star All Blacks John Kirwan étant revenu sans la moindre victoire de Nouvelle-Zélande (malgré de superbes prestations, dont la premier match face à nos bleus) laisse sa place à une autre star du circuit, Eddie Jones, entraineur des Wallabies vice-champions du Monde sur leur sol en 2003, et consultant au sein du staff des Springboks Champions du Monde en 2007.

 

Malgré cette attendue vague de successions, de nombreux sélectionneurs gardent leur place, dont bien entendu Warren Gatland à la tête du XV gallois, qui a marqué la dernière Coupe du Monde de son sceau et de son jeu. De même pour Santiago Phelan chez les Pumas argentins, Robbie Dean, le kiwi à la tête de l'Australie, Declan Kidney (Mr Rein...) en Irlande, et Andy Robinson chez les Ecossais, malgré leur non-qualification pour les 1/4 de finale, ce qui est la première fois que cel arrive à nos valeureux cousins calédoniens.

 

Les compétitions

finale-h-cup-2010-francais-stade-toulousain-f-L-1D'ici au mois de juin prochain, les clubs européens en découdront dans le cadre de la coupe d'Europe, dont on connait les affiches des 1/4 de finale depuis cette semaine. Seuls deux clubs Français restent en lice, et ils sont en ballotage plutôt défavorables puisqu'ils devront aller batailler à l'extérieur lors de leur 1/4 de finale : Toulouse à Edinburgh, et Clermont chez les London Saracens, les 7 et 8 avril ; 1/2 finale les 28 et 29 avril, finale le 19 mai à Twickenham.

Dans la "petite" Coupe d'Europe, la Amlin Challenge Cup, quatre clubs français sont qualifiés pour les 1/4 de finale, avec la possibilité de tous se qualifier pour les 1/2 finales puisqu'aucun ne se recontre ! Mêmes dates que la H Cup.

 

En parallèle, le championnat français offre un spectacle et un suspense supérieur d'année en année, comme le prouve la heusse des affluences des stades de TOP 14 (même si un palier a peut-être été atteint). A part le Stade Toulousain et Clermont (tient, tient...) qui semblent avoir pris de l'avance, six équipes se battent aprement pour les quatre autres places qualificatives, et ils sont six à lutter pour ne pas descendre en PRO D2 ! Barrages les 25 et 26 mai, 1/2 finales le 1er juin, Finale le 9 juin.

 

Sur la scène internationale, le Tournoi des VI Nations est bien-sûr le premier rendez-vous de l'année, et débute dès samedi prochain, avec France/Italie. Cette affiche aura une saveur qu'elle n'a jamais eu jusqu'alors, puisque les Italiens ont battu les Bleus pour la première fois dans le cadre du tournoi l'an dernier à Rome. Indécis du fait des remaniements, aussi bien pour les sièges de sélectionneurs que pour les places au vestiaires, de nombreux joueurs en ayant terminé avec leur carrière internationnale en Nouvelle-Zélande, au premier rang desquel le surdoué Jonny Wilkinson.

Les Bleux iront ensuite en tournée en juin en Argentine...

 

L'Argentine "chez les Grands" 

L'année de mes 6 ans, je suis passé au centre aéré du groupe des petits, à "chez les grands". Et c'est ce que doivent se dire les joueurs argentins.

... L'Argentine sera en effet en pleine effervescence, puisqu'on ne sera qu'à quelques semaines d'un des plus grands évènements de son histoire ovale : l'intégration des Tri-Nations. En effet, la grand-messe du rugby de l'hémisphère sud qui oppose chaque année sur plusieurs confrontations la Nouvelle-Zélande, l'Afrique-du-Sud et l'Australie, accueille après seize ans d'existance une quatrième nation en 2012 : les Pumas argentins ! Après de nombreuses années à pousser pour arriver à ce dessein, les argentins ont enfin eu gain de cause. Et ils ne le doivent à personne, ils se le doivent à eux, à leurs résultats en nette progression, avec des victoires chez des nations majeures (Marseille 2004, Twickenham 2006) puis à une superbe et méritée troisième place lors de la Coupe du Monde 2007 en France. Le temps que tout ce vieux monde à l'IRB et à la SANZAR se fasse convaincre de la légitimité de cette arrivée, il se sera passé une olympiade, quatre ans.

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Mais Greg Peters, le président de la SANZAR - organisme regroupant les fédérations Sud-Africaines (SA), Néo-Zélandaise (NZ) et Australienne (AR) qui organise cette compétition et le Super 15 - affirme que "Les Pumas, comme ils l'ont montré lors de la dernière Coupe du Monde, jouent un rugby excitant, différent de celui des trois autres nations présentes, ce qui va certainement ajouté une nouvelle dimension à ce tournoi". Il a mis le temps, mais il a fini par signer l'intégration des Pumas à cette compétition.

On piaffe d'impatience du côté argentin, car le meilleur moyen de rivaliser avec les meilleurs nations, d'arriver à leur niveau et d'y rester, c'est bien-sûr de les affronter régulièrement. C'est aussi ce qui avait motivé les Italiens à postuler au Tournoi des V Nations (ils l'ont intégré en 2000), et ce que réclament aujourd'hui haut et fort les petites nations, le trio Samoa-Tonga-Fidji en tête, mais aussi la Géorgie, le Canada... Début des hostilités pour les Pumas le 18 août en Afrique du Sud, au Newlands staduim, à Cape Town ! 

Alors une des conséquence de cette arrivée de l'Argentine dans cette compétition, sera le probable départ des championnat europpéen des meilleurs joueurs argentins. En effet, il semble imcompatible de jouer un tournoi international du 18 août au 6 octobre dans l'Hémisphère sud, alors que les championnats français, anglais et celtes seront en cours à cette période. On devrait donc assister à une arivée massive de Pumas dans les franchises du Super 15, la compétition des provinces de l'Hémisphère sud. On parle même d'intégrer à cette compétition un ou plusieurs provinces argentines. Ce n'est pas pour 2012, mais c'est à suivre...

 

Autre évolution de cette compétition, au delà du fait qu'elle passe de trois à quatre compétiteurs : elle en profite pour changer de nom ! De Tri-Nations, elle plaque le pourtant logique Four-Nations, pour The Rugby Championship, littérallement Le championnat de rugby.

 

Changement d'ère ?...

On le sait depuis 1995, le rugby est passé professionnel, et cela a modifié le paysage rugbystique : le déclin des clubs de petites villes ou sans "bassin économique" comme ils disent, pour supporter la masse financière nécessaire à un club du plus haut niveau aujourd'hui, en est un exemple, le budget étant devenu la première qualité d'un club qui ambitionne d'en être un grand.

 

Mais ne sommes-nous pas en train de voir le rugby passer dans un post-professionnalisme, un monde où l'argent et les médias prennent une place sans commune mesure avec le sportif ? Je le crois, je le crains...

Alors certes tout n'est pas perdu, le rugby n'a pas perdu toutes ces valeurs qui font sa marque de fabrique, l'engouement populaire est toujours là, le rugby est plein de nouveaux fans, mais ceux qui étaient là le dimanche à 15h sont toujours là le samedi à 16h15, à Toulouse, à Grenoble, à Biarritz.. Les salaires des joueurs pro restent raisonnables, avec des moyennes de 11.000 € par mois en TOP 14 et 3.000 € en PRO D2 (Midi Olympique du 19/12/2011). Les supporteurs de camp adverses continuent de festoyer ensemble autour des rencontres de tous les niveaux, et ces valeurs de partage, de respect de l'adversaire et de l'arbitre, de fair-play sont même un produit que le rugby vend : nombreux sont les partenaires du rugby, ses sponsors pour parler franchement, qui mettent en avant ces valeurs.

Mais des signes de footballisations apparaissent, au premier rang desquels les frasques financières du Stade Français en juin dernier, qui n'avaient rien de sportif : "je te rachete, je te fais une société écran, hop je t'embrouille, on finit au tribunal, en banqueroute"... On entend parler de plus en plus d'investisseurs (parfois même venus du Qatar), des patrons de grandes sociétés sont à la tête des clubs (Foncia, Cap Gemini, Afflelou, ...) certains avec moins la passion ovale que d'autres. Afflelou et Lorenzetti sont là sur un concours de circonstance, et Boudjellal (lui-aussi sujet d'un article à venir) a même dit "S’ils me radient, je ferais autre chose de ma vie. (...) je n’ai pas besoin du rugby pour vivre" (rugbyrama.fr, le 13/01/2012) Autrement dit, il a vu de la lumière, du pognon, il est entré. Vivement qu'il ressorte.

Le Naming a lui-aussi fait son entré dans le rugby de l'hémisphère sud depuis plusieurs années déjà, et arrive chez nous. Dans le Super 15, un tiers des stades portent le nom du sponsor principal du club. Le nouveau stade de l'Irlande à Dublin s'appelle l'Aviva Stadium, et le naming pourrait bien être la pierre angulaire du financement du futur grand stade de la FFR, prévu pour 2017. Alors : GMF Arena ou Société Géniale Stadium ?

 

A suivre, mais la question se pose : sera-t-on toujours aussi amoureux du rugby pour la prochaine Coupe du Monde en 2015 ? Mais d'ici là, profitons de cette année 2012 qui s'ouvre, et bonne année, ovale ou pas, à tous.

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 17:08

La coupe du monde étant finie, il est temps de faire les bilans.

 

Voici donc l'équipe type que Bubu et moi avons composé à la vue de ce mondial :

 

 

Equipe-TYPE-copie-1.jpg

 

L'effet gallois

Premier fait marquant de cette composition : la représentativité des nations. Et oui, pas moins de six joueurs gallois se sont imposés à nous pour ces choix, dont quatre (très) jeune qu'on devrait sauf accident de parcours retrouver dans quatre ans en Angleterre et pourquoi pas dans huit ans au Japon. Mais déjà l'hiver prochain pour le tournoi des VI Nations. Les Gallois font donc mieux que les All Blacks, qui ont eu quatre représentants. Puis vient la France avec son capitaine et son meilleur marqueur d'essai. Enfin, l'Australie, l'Irlande et l'Afrique du Sud ne trustent qu'une seule place chacun. Parmi les nations ayant atteint les 1/4 de finale, seules l'Argentine et l'Angleterre ne figurent pas dans ce XV mondial

Les Choix de la rédaction

En 1ere-ligne les joueurs ayant crevé l'écran ne font pas légions, et les trois joueurs sont sortis rapidement. En concurrence avec le Sud-Africian Gurthrö Steenkamp dans nos choix, l'Irlandais Cian Healy a réalisé des prestations énormes face à l'Australie et l'Italie lors des deux gros matchs de poule de son équipe, aussi bien en mêlée fermée (demandez à Ben Alexander ou à Castrogiovanni) que dans le jeu courant, il a été explosif. Il n'est pas étranger à la première place irlandaise dasn ce groupe C. Puis en 1/4 de finale il a été renvoyer dans l'anonymat par... Adam Jones, transition toute trouvée. Notre ami Frisette a lui aussi été la taulier du pack de la Principauté tout au long de leur extraordinaire campagne, jusqu'à sa sortie malheureuse face à la France. Nicolas Mas a été cité.

Au talonnage, Huw Bennett est un peu là par défaut, mais a été solide, présent dans le jeu et a fait de la touche galloise une belle rampe de lancement de leur jeu de mouvement en trouvant bien les tours de contrôles de l'alignement que sont Alun-Wyn Jones et Luke Charteris. Servat et Maelamu n'ont pas été étincelant au point de s'imposer pour nous.

 

En 2e-ligne, le choix était plétorique : la paire française Lionel Nallet - Pascal Papé (mais qui a gravement manqué de présence dans les matchs de poule), James Horwill le capitaine Australien, le vieux guerrier anglais Simon Shaw, la paire galloise impériale en touche... Mais c'est Brad Thorn pour son rôle dasn les rucks chez les All Blacks, et notamment face à l'Australie de David Pocock, étouffé ce jour-là, et le Sud-Africain Danie Rossouw pour son énorme multi-activité qui se sont imposés à nos yeux. Rossouw ne devait être que la doublure de la paire championne du Monde il y a quatre ans en France (Victor Matfield - Bakkies Botha), et au final il a été titulaire tout du long chez les Springboks !

 

En 3e-ligne aussi le choix s'est fait parmi une belle liste de joueurs, mais s'est imposés facilement. Côté ouvert, David Pocock est apparu évident malgré les très solides Julien Bonnaire (France) et Sam Warburton (Wales), Sean O'Brien (Ireland) et l'inamovible Richie McCaw (NZ). Et côté fermé, Thierry Titi Dusautoir avec ses titres de meilleur joueur de la finale et joueur de l'année, s'impose sans sourciller face à Jerome Kaino (NZ) Heinrich Brüssow (South-Africa) et Stephen Ferris (Ireland).

En n°8, le choix a été plus juste. Imanol Harinordoquy réalise trois prestations énormes à partir des 1/4 de finale mais passe à côté de ses matchs de poule. L'Irlandais Jamie Heaslip fait de beaux match avec ses compères cité ci-dessus, mais ils échouent en 1/4 face aux Gallois survoltés ce jour-là. Faletau a été sauvé les siens face aux Samoas, et a fait des matchs de très haut niveau tout au long de la compétition !

 

Les charnières n'ont pas offert de belles prestations, c'est le moins que l'on puisse dire ! Le tendème australien Will Genia - Quade Cooper est passé complètement à côté de son modial, notamment Cooper qui termine par les ligaments croisés... Dan Carter est sorti du bal après les trois premiers matchs, François Trinh-Duc n'a eu que le loisir de boucher les trous... Mais Piri Weepu ressort du lot, en s'étant imposés comme cornack du pack chez les All Blacks, puis par son rôle de meneur non seulement du Haka, mais aussi du jeu après la blessure de Carter. Seul le Gallois Mike Phillps a été à la hauteur, permettant aux siens de rester dans leur 1/2 finale après son essai opportuniste. L'Anglais Ben Youngs fait de bons matchs, mais sombre face à la France (tant mieux).

A l'ouverture c'est le grand vide intersidérale on l'a dit, puisque comme Quade Cooper, Wilkinson n'a été que l'ombre de lui-même, et les deux Irlandais Johnatan Sexton et Ronan O'Gara n'ont pas su imposer leur loi en 1/4 face aux Gallois.

 

Au centre, Jamie Roberts a mis tout le monde d'accord avec ses courses de 30m dans les défenses avec 3 ou 4 défenseurs accorchés à son short. Seul Morgan Parra a su l'arrêter avec ses placages aux chaussettes. Mais Ma'a Nonu n'a pas démérité, alliant à la perfection puissance et gestuelle, laissant la magé star Sonny Bill Williams sur le banc.

En 2e-centre Conrad Smith a été le véritable métronome de la ligne néo-zélandaise, et a su la guider aussi bien en attaque qu'en défense en l'absence du maitre Dan Carter. MArcelo Bosch chez les Argentins fait une belle Coupe du Monde.

 

A noter une évolution importante à ce poste de premier centre : il n'y a pas eu d'équipe qui ait joué avec deux ouvreurs, un en 10 et un deuxième en 12. Et oui, les années 90 et 2000 avaient fait la part belle à ce système de 5/8e : Au lieu de mettre un ouvreur et deux centre, les équipe anglo-saxonne jouaient avec deux 5/8e (le 10 et le 12), et un seul centre (le 13).Dans ce schéma, le 10 n'est plus ouvreur mais "Premier 5/8e" et le 12 n'est plus premier centre mais "Deuxième 5/8e". Les meilleurs "2nd 5/8th" en 12 étaient Aaron Mauger chez les Blacks et Mike Catt (Michel Chat) chez les Anglais, qui avait épauler Jonny Wilkinson pour nous éliminer en 1/2 finale en 2003. Cette année, les Anlglais ont récidivé sans succès face à nous en 1/4 avec Wilko en 10 et Toby Flood en 12. Les Sud-Africians sont parti avec ce schéma et François Steyn en 12, jusqu'à son forfait sur blessure face aux terribles Samoans

 

Aux ailes, il y avait là aussi un choix très large de garçons ayant marqué ce mondial : Shane Williams (Wales), Cory Jane, Richard Kahui, SBW (NZ), Tommy Bowe (Irlande), les Anglais Chris Ashton et Marc Cueto, et l'Austrien James O'Connor. Mais nous avons décidé de retenir le Grenoblois Vincent Clerc, co-meilleur marqueur de la compétition, et titulaire lors de sept rencontres de son équipe, un des seuls français à n'avoir pas combrer lors de cette phase de poule calamiteuse. Et le (très) jeune Gallois George North, époustouflant de puissance, d'appuis, et de vélocité. Une belle trouvaille qui pourrait battre tous les record vu qu'il n'a que 19 ans !

 

A l'arrière, le choix s'est fait entre le Gallois Leigh Halfpenny et le Balcks Israël Dagg. Mais ce dernier nous a régalé de spectacle avec ses courses de soutiens toujours justes, notamment en match d'ouverture, et en 1/2 finale sur l'essai qu'il offre à Ma'a Nonu. Une belle pépite !

 

Héros méconnus

Ci-dessous l'équipe "Coup de Cœur", l'équipe des joueurs qui n'avaient pas leur place dans ce XV mondial, mais qui nous ont régalés lors des phases de poule, et qui méritent une petite ovation. Les îles du Pacifique, et notamment les Samoas et les Tongas se font évidemment une belle place dans cette compo. Autres bonnes surprises de ce mondial, les barbus canadiens ainsi que les surpenants japonais !

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 14:57

« Regrets Eternels » titrait le Midi Olympique lundi matin, et c’est vrai que l’on peut nourrir des regrets, tant on est passé près du Graal, de la victoire en Coupe du Monde de Rugby.

Jamais la France n’est passée aussi près mathématiquement parlant bien-sûr, avec cette petite, toute petite défaite d’un petit, tout petit point lors du dernier set d'une Coupe du Monde. Jamais on n’est passé aussi près au niveau du jeu aussi, les français ayant été dominés de la tête et des épaules lors de leurs deux précédentes finales mondiales ovales en 1987 et en 1999, alors que ce dimanche à l’Eden Park ce sont nos Bleus qui ont dominé la partie !

Ce sont donc les All Blacks de Nouvelle-Zélande, pays où le rugby est religion, grandissimes favoris de ce tournoi, qui rapportent le trophée William Webb Ellis pour les quatre années à venir.

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Le Match

Lors de la présentation de la finle sur ce blog, j'avais présenté les clés du match suivantes : les zones de rucks, la zone du 10, le comportement des français, et surtout, la combat. Il en manque un, essentiel, auquel j'avais pourtant pensé avant de rédiger l'article, et oublier lors de la rédaction : l'arbitrage. Et c'est peut-être lui qui offre la timbale aux AB's.

 

C'est dès le haka que le combat commençait. Les Français se mettaient en position de V, pour percer le coeur de la ligne noire, Thierry Dusautoir placé en tête. Les Bleus voulaient marquer cet avant-match, et cette attitude prédisait bien le compoortement courageux, guerrier et conquérant des Français lors de la partie.

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Contre toute attente et contrairement aux conseils évoqués dans ce blog avant ce match, les Bleus ont dominés, et n’ont pas dominé en fermant le match. On leur avait conseiller de priver les Néo-Z de ballon, et de ne surtout pas s'exposer en jouant à la ba-balle, mais de jouer petti bras, au près. Et ils ont dominé dans tous les secteurs du jeu, notamment en seconde période. Et toutes les stats le confirment, avec une possession et une occupation du terrain à 55% en faveur des Français sur l'ensemble du match. La seule stat restées à l'avantage des Blacks est ... le nombre de péanilités, 10 à 5 à l'encontre des Français, on en reparlera. On a pu apprécier des mouvements Français d'envergure, avec une multiplication de temps de jeu, sur toute la largeur du terrain. Et contrairement à ces 100 dernières années (!), les Français arrivaient à jouer sans se faire piquer le ballon ou faire un en-avant au bout de trois passes, pourtant face à la plus redoutable des défenses sur lé récupération, avec la référence mondiale : Richie McCaw.

McCaw-punch-Parra.jpgOn avait aussi conseillé aux joueurs Français d'être méchants, de châtier les joueurs Néo-Z qui ne se priveraient pas de tout tenter dans les rucks, en étant toujours à la limite de la règle. Car s'il est un secteur où il sont au sommet du rugby mondial, c'est bien celui-là : jouer avec les règles, les arbitress, et les nerfs de tous leurs supporteurs adverses. On dit couramment dans le milieu du rugby qu'il y a deux arbitrages : pour Richie McCaw, et pour le reste du monde.

Et les All Balcks ont été malins, rusés. Ils ont su être méchants, et faire sortir Parra, quand nous n’avons pas su châtier McCaw ni Kaino pour les faire sortir, ni Conrad Smith, le régulateur métronome des lignes arrières, à l’origine d’une prestation majuscule en défense. L'agression de McCaw (voir photo) sur le petit Morgan a privé les Français de leur maitre à jouer, et buteur. Fait Ô combien important quand on sait que les Français ratent deux pénalités en seconde période, par le Yach et Trinh-Duc ! On prédisait que les français ne pouvaient gagner qu'à l'ancienne, en faisait sortir sur blessure les tauliers All Balcks, et qu'ils ne pouvaient gagner jouer ; et au finale, ce sont les Blacks qui gagnent à l'ancienne, en punissant dans l'ombre des rucks le meneur du jeu Français.

CQFD !

 

 

 

 

Les Français faisaient une bonne entamme, qui surprenanait les Néo-Zélandais. Mais ceux-ci restaient mettre du match, et étaient les plus dangereux. Et sur leur première occasion flagrante, ils marquaient un essai sur une combinaison de cadet : sur une touche à 5m, fond de touche, et le sauteur qui remet entre les deux blocs de saut à un pilard qui arrive lancé. Imparrable. Quant au jeu eu pied, comme face aux Gallois la semaine précédente, les Français bénéficiaient d'un jeu au pied déficiant de leurs adversaires : Piri Weepu ratait une transformation et deux pénalités en 1ere mi-temps, soit 8 points. Pendant ce temps les Français jouaient bien, mais n'étaient pas dangeureux : pas d'occasion d'essai, pas de pénalité à tenter. Mais ils offraient un comportement exemplaire dans le combat, avançant sur certains impacts autant en attaque qu'en défense. Weepu sauvait la maison noire sur une cuillère de la dernière chance alors que françois Trinh-Duc, rentré à la place du pauvre Parra pour une prestation brillante, avait pris le trou et filait dans la défense Néo-Zélandaise. Dernier fait marquant du premier acte : la sortie sur blessure du n°10 Tout Noir, Aaron Cruden, remplacé par Steven Donald, 4e ouvreur du pays ! (Derrière Carter, Slade et Cruden)

 

Au retour des citrons, Yachvili ratait une pénalité alors que Steven Donald réussissait (?) la sienne. Réussissait ? On ne saura jamais vraiment, tant la vidéo parait litigieuse. Personne ne s'offusqua sur le moment, et aucun des joueurs français qui étaient sous les poteaux à ce moment là, on va donc considérer qu'elle est bien passée entre les perches... 8-0. Je vous laisse juge...


 

essai-Dusautoir.jpg

Les Français continuaient de jouer, et sur une récupération de Trinh-Duc, on pensait la libération avec cet essais du capitaine-courage Thierry Titi Dusautoir. En effet, à 8-7 avec 25 minutes à jouer, le match devenait à sens unique et on pensait les All Blacks à la limite de craquer et de laisser fondre le petit point d'avance. Mais c'est peut-être là que tout se joue : les All Blacks ont mené tout le long de la finale, et on sait qu'ils sont terribles à rattrapaer, qu'il n'y a pas meilleurs qu'eux pour tenir un résultat. Et malgré ces 25 minutes de match à sens unique,les All Blacks tenaient et ne prenaient pas un point. Les Bleus ne bénéficiaient pas d'occasion de se mettre en position de drop, ni d'une pénalité. McCaw sauvaient les siens sur un placage en bout de ligne, rattrapant tout de même un aillier en bord de touche.

 

Mais c'est surtout cette pénalité jamais sifflée qui fait débat.

Alors on peut voir la moitié vide ou la moitié pleine du verre Joubert-champion.jpg: soit on considère que les All Blacks ont fait l'exploit de défendre pendant 25 minutes dasn leur camp en faisant preuve d'une discipline extraterrestre, sans prendre de pénalité, sauf celle ratée à 48m par FTD sur une mêlée enfoncée ; soit que l'arbitre Craig Joubert n'a jamais osé siffler cette pénalité méritée sur les innombrables plongeons de McCaw, mais aussi de ses deux compères de la 3e-ligne Kaino et Read. à la vue de ce cliché (montage ?), on peut penser qu'une fois de plus la France a payer le poids de l'Histoire et de la nécessité de ses adversaires de gagner leur Coupe du Monde. En effet, en 1995, la France perd en 1/2 finale face aux Sud-Africians, qui faisaient coup double en participant pour la première fois et en organisant la Coupe du Monde, un an après l'élection de Nelson Mandela et la fin de l'Apartheid, d'où la nécessité de faire coup triple et de garantir la victoire des Sud-Af'. La victoire litigieuse face aux Français (trois essais refusés pour les Français, un essai litigieux accordé aux Springboks) et l'intoxication alimentaire qui frappa les All Blacks quelques jours avant la finale. Et bien une fois de plus, les Français ont payé l'importance extra sportive de la victoire Néo-Z sur leur terre cette année, pour ce petit pays qui n'a que le rugby (et à bien moindre echelle la voile) pour se faire connaitre au monde ; et ce sport qui aurait pu commencer à perdre de son emprise en Nouvelle-Zélande avec la fuite des stars, partant jouer dans les meilleurs et plus lucratifs championnats : la France, l'Angleterre, le Japon.

 

Alors cette pénalité ? Elle était à mon avis plusieurs fois nécessaire et méritée. Jamais je n’avais vu une équipe de Nouvelle-Zélande paniquée, sans repère, enchainant erreurs individuelles et mauvais choix, cantonnée dans sa moitié de terrain pendant près d'un mi-temps. Même en 1999, les All Blacks de l’époque n’avaient pas maitrisés un orage de 25 minutes pendant lequel ils avaient encaissé un 33-0, mais ils n’avaient pas erré, hagards, comme l’ont fait les Weepu, Dagg et autres Ali Tire-la-langue Williams pendant cette finale 2011.

Mais c'est la vie, ou plutôt c'est le sport, et les All Blacks sont chamions du Monde après 2 minutes finales de jeu petit-bras à attendre la fin du chrono en refusant de jouer...

 

Et maintenant ?Dusautoir-coupe.jpg

L’actualité de cet après-finale repose principalement sur un homme, et quel bel homme comme dirait Jack : Thierry Dusautoir, capitaine courage de ce XV de France. Titi Dusautoir a en effet été élu homme du match, ce qui reste un comble pour une finale de Coupe du Monde d'élir Man of the Match un perdant, et ce qui prouve la nature de l'exploit de Dusautoir. Et dès lundi, l'IRB faisait du capitaine français le meilleur joueur du monde de l’année 2011. Compensation pour les oublis d’arbitrage de Mr Joubert ? En tout cas l’IRB ne s’est pas gênée pour condamner la Fédération Française de rugby à une amende de 5000 NZ$. Motif ? Les joueurs français ont dépassé la ligne médiane lors du Haka néo-zélandais avant la rencontre. Pas de quartier pour les héros malheureux…

Midi Olympique révélait ce lundi (quelle source intarissable !) que Dusautoir a aussi été confirmé comme capitaine du XV de France par le futur sélectionneur, Philippe Le Goret St-André. 

La presse néo-zélandaise n’a quant à elle pas assez honte de ses propos tenus pendant la semaine précédent cette finale et la qualification pour la France pour la finale, puisqu’elle continue de vomir sur les français. C’est maintenant des accusation des fourchettes sur Richie McCaw qui sont déblatérées à l’encontre de … Dusautoir (décidemment !), Bonnaire et Rougerie… Quant on voit les images de son agression envers Morgan Parra à ce connard de McCaw (et c’est quand même pas très glorieux de s’attaquer au plus petit) ; quand on voit les fautes au sol successives de la 3e-ligne All Blacks ; … on se dit qu’ils n’ont vraiment honte de rien ces journaleux ! Mon ami d'enfance Nicolas Zanardi qui écrit dans le Midi Olympique, et qui a eu les couilles de titrer en page 2 "Hold-Up à l'Eden-Park" lundi matin, promettait une fourchette des plus hargneuses au premier journaliste neo-zélandais qui pointait le bout de sa plume lundi, après ces accusations calomnieuses. Vas-y mon Zanar' !

 

Les joueurs français n'ont quant à eux aucune raison d'avoir honte de rien avec ce match époustouflant, passés à deux doigts, un coup de sifflet, une cuillère, ... du bonheur. Mais qui ont su nous faire vibrer. Merci à eux et RDV dans quatre ans à Twinckenham !

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 22:09

Nous arrivons donc au bout de la piste de cette 7e Coupe du Monde de rugby, avec le dernier round qui se jouera ce dimanche (10h heure française) dans la mythique enceinte de l’Eden Park d’Aukland. Cette finale opposera donc, on en entend assez parler, le pays hôte et grandissime favori, le Nouvelle-Zélande, représentée par ses célèbres All Blacks, et la France, que personne n’attendait à ce niveau de la compétition.

Webb-Ellis-Trophy.jpg

 

NEW ZEALAND / FRANCE

Alors commençons par quelques chiffres. On m’appelle « La bible du rugby », c’est pas pour rien, alors voyons cette science !

Kirk 1987Aussi favoris soient-ils, les All Blacks ne vont disputer que leur 3e finale - après 1987 et 1995 - soit autant que la France (1987 et 1999), et les deux finaliste 2011 rejoignent à ce titre les trois autres nations majeures du rugby mondial, l’Australie, l’Afrique-du Sud et l’Angleterre. Egalité parfaite entre le cinq majeur du rugby mondial... mais pas en terme de titres mondiaux : deux pour l'Australie (1991-1999) et les Springboks (1995-2007), une pour la Nouvelle-Zélande (1987) et l'Angleterre (2003), seule nation de l'hémisphère nord.

Il s’agit même de la deuxième finale entre ces deux nations, la première ayant eu lieu déjà dans ce stade de l’Eden Park d'Aukland en 1987, lors de la première édition du mondial à l’ovale, pour une victoire des All Blacks. La domination avait été telle, qu'on se soivient de cette image marquante : des mouettes se posaient dans la moitié de terrain néo-zélandaise, tant elles n'y étaient pas inquiétées.

Allons plus loin : les joueurs à la fougère argentée s'apprètent à disuter leur première finale de Coupe du Monde depuis... 1995, soit quatre éditions ! On sait que cette épreuve ne leur sourrit guère, la preuve.

Nous assisterons dimanche à la sixième confrontation en Coupe du Monde en Noir & Bleu. Voici les cinq précédentes, et suivez mon regard !

1987 : victoire de la Nouvelle-Zélande

1999 : victoire de la France

2003 : victoire de la Nouvelle-Zélande

2007 : victoire de la France

2011 (sept) : victoire de la Nouvelle-Zélande

2011 (oct) : …

Disons que si la logique est respectée...

 

Avant match

On peut parler de la presse néo-zélandaise, qui a eu, non seulement cette semaine, mais tout au long du tournoi, une attitude vindicative, voire agressive, à la limite du correct envers le squad français, accusant ceux-ci d’avoir volé leur place en finale, de n’avoir rien à faire là. Et surtout ne donnant AUCUNE chance aux Bleus de repartir avec la soupière dorée dimanche soir. Dès les phases de poule, les Français avaient été conspués pour avoir proposé une équipe jugée B par la presse locale lors du match de poule entre ces deux équipes. Puis c’est bien sûr cette qualification minuscule faite de chance et de non jeu qui motive le courroux de la presse kiwi.

Réaction toute différente de la rue, de la population kiwi, comme le rappelle Serge Blanco ce matin sur France Inter, et mes potes qui viennent de passer 4 semaines au pays du maillot noir : tout le long de la compétition, les supporteurs à la fougère argentée leur ont dit "See you on the Final!"

Le tirage au sort a désigné les Français - il s'agit donc d'une affiche France / Nouvelle-Zélande, et non pas l'inverse - ceux-ci pouvaient donc choisir leur couleur de maillot… et si les Français avaient choisi de porter leur maillot principal, bleu marine, les All Blacks auraient du jouer… en blanc ! On se rappelle que le cas été arrivé en 2007, pour ce fameux 1/4  de finale à Cardiff, et le choix tout simple des Français de porter leur maillot déjà bleu marine il y a quatre ans obligeait les Néo-Z à se priver de leur tunique toute noire. Et cela avait créé une polémique qui dépassait l’évènement, le staff et la presse Néo-Zélandais accusant les Français d’avoir fait exprès pour déstabiliser leurs adversaires… Mais il s’agissait tout simplement du règlement de la compétition, que la nation tirée au sort choisisse sa couleur, et l'autre s’adapte. Et ce sont eux qui se sont déstabilisés tout seul à l'époque en créant cette polémique non justifiée ! Alors cette année, Jo Maso le dinosaurus manager du XV de France, a choisi avec plein de fair play de laisser les All Blacks jouer en noir pour leur finale de Coupe du Monde, les Français se présentant en blanc, soit la même configuration que le 24 septembre dernier.

Don-diego.jpgAutre fait marquant de cette semaine : l’attitude de Marc Lièvremont, le sélectionneur national, qui tirera donc sa révérence après quatre années de mandat, qui a traité ses joueurs de "sales gosses". Encore une intervention dans la presse maladroite, peut-être justifiée, mais maladroite, qui met le staff en porte-à-faux, désolidarise l'encadrement des joueurs, et met ceux-ci en colère. Mais n'était-ce pas la réaction cherchée ? Désolidariser le staff des joueurs, lui faire perdre toute confiance auprès de son équipe ?... Mais il s'en fout Lièvrement, dans 3 jours il n'est plus sélectionneur, il quitte son poste ! Vexer les joueurs en espérant provoquer une réaction d'orgueil, voilà qui est intelligent, puisqu'on sait que notre SEULE façon de battre les All Blacks est de les prendre sur le combat, l'envie... (lire ci-dessous). Et puis cette attitude rapelle celle de Jacques Fouroux - le Patit Caporal - qui avait en 1986 fait passer une semaine terrible à ses joueurs après leur défaite en test-match à Toulouse face... à la Nouvelle-Zélande : insulte, familles, honneur, déshonneur... tout y était passé dans le discrous de l'Auscitain pendant la semaine. Et les joueurs, vexés, insultés dans leur chair, avait réagi de la plus belle des manières la semaine suivante lors du deuxième test-match à Nantes : victoire 16-3, sans laisser la place au doute. La clé du succès ? Une férocité rarement égalée dans le combat, les All Blacks avaient été piétinés, au sens propre comme au sens figuré, ce jour-là ; le pire souvenir de leur carrière pour certains d'entre eux. Et source de motivation pour leur victoire en finale de la Coupe du Monde l'année suivante.

 

Les clés du match

 

Les zones de ruck bien-sûr, c'est là où se joue cette Coupe du Monde. C'est que l'on peut tuer ou ralentir les attaque adverses lorsqu'on défend. C'est là que l'on doit être présent avant l'adversaire si l'on veut laisser vivre l'offensive lorsqu'on attaque. Et le rôle des 3e-ligne va être crucial dans ce secteur. Regardez la victoire australienne en 1/4 face à l'Afrique du Sud : les Autraliens ont récupéré près de 20 ballons dans ces rucks, dont plus de 10 pour le seul David Pocock. Et on sait que le maitre en la matière joue en noir : il s'appelle Richie MacCaw. Quel joueur Français sera-t-il chargé de le museler ? Surement Thierry Dusautoir, ce qui promet un superbe duel de capitaines.

La zone du 10 : les Français avaient été battus et sévèrement battu le 24 septembre dernier dans cette zone, avec trois essais de rang issus de brèches autour des rucks. C’était ce jour-là la première titularisation de Morgan Parra à ce poste, il avait donc des repères à trouver, à la fois par rapport à son rôle, et avec ses partenaires. Sauf que Morgan jouera son cinquième match de rang à ce poste, pendant que la zone s'est fragilisée chez les All Blacks, avec le double forfait de Dan Carter et Colin Slade. C’est donc le jeune et plutôt inexpérimenté Aaron Cruden qui doit tenir les clés du camion de l’attaque noire. Il a certes fait deux bons matchs en 1/4 et en 1/2. Mais il était ces fois-là associé à un Piri Weepu en n°9 des grands soirs. Or, si le maori le plus célèbvre de cette sélection doit jouer derrière un pack dominé, qui recule, saura-t-il peser sur le cours de la partie une troisième fois de suite, et mettre son jeune n°10 dasn des conditions aussi bonnes ? Pas sûr !

McCaw

Autre clé, et au combien importante à la vue du parcours des Français dans ce tournoi : leur comportement. Comment vont-ils réagir ? Réagir à quoi me direz-vous… réagir aux réactions de la presse locale. Réagir aux propos de Marc Lièvremont avec qui le divorce est, parait-il, consommé. Réagir à leur parcours chaotique, fait de petites victoires, de défaites, de chance, d’orgueil qui répondait à un manque d’orgueil...

Mais LA clé de cette finale est bien en possession des français : le combat. On m'a déjà dit avant le début du match, quand les gros sont dans les douches, à se mettre des coups de cabine réciproques ou dans les dalles du carrelage : "Aujourd'hui, y a trois points important : le combat, le combat, et le combat !"

On se souvient du French Flair, et on l'encence, lors des victoires françaises face aux Néo-Zélandais. Mais toutes ces victoires françaises ont trouvé leur source dans le combat, l'agression physique, et la déstabilisation des Néo-Z. Leur jeu est fait de… jeu, leur force est leur capacité à produire du jeu : c’est pour ça que leur victoires sont si belles et souvent si larges ! Mais si on les fait reculer dans le combat, si on les prive de ballon, ce sera alors une toute autre poésie !

L'exemple le plus flagrand date de 1986, on l'a vu. Mais en 1999 aussi. On se souvient tous de cet essai de Christophe Diminici qui nous remet les larmes aux yeux à chaque fois, suite à un subtile coup de pied dans la boite de Fabien Galthié. Mais ce qu'on ne sait pas, c'est qu'il fait suite à un ballon récupéré, AU COMBAT, par les avants Français, comme le prouve cette vidéo. (Attention, la voix du commentateur devrait vous rappeler quelque chose)

 


 

Autre essai bleu ce jour-là : celui de Dourthe à la suite d'un coup de pied à suivre de Lamaison ? Il suit un groupé pénétrant du pack français, les gros ayant mis une séance comme on dit, à ce All Blacks, sur 30 mètres ! Permier ruck du match : ballon gratté par Pelous ! Et vous cherchez encore la clé ?

Cette victoire française s'était aussi construite dans les règles de l'art, comme me le rappelait mon pote Paolo au rugby hier soir : Cédric Soulette, pilier français, ne faisait pas partie du XV de départ de la france lors de cetet compétition. Or, il a été titularisé, pour réaliser une lission précise : réduite au silance l'infatigable 3e-ligne All Blacks casqué : Josh Kronfled. Et Soulette a executé son contrat : fourchette, coup de tronche... le pilier biterrois n'a pas laissé respiré Kronfeld, qui joua en se tenant les côtelettes toute la partie, match blanc pour lui ! Cette année, McCaw souffre d'un blessure au pied ? Et bien marchons-lui sur ce pied, comme le proposait notre ami Paolo dans sa science du rugby pragmatique ! Faisons leur mal, agressons les, et ils sortiront de leur match !

 

Les Français seront-ils au niveau ? C'est vrai qu'à la vue de leurs pauvre prestations, on pourrait douter qu'ils soient en mesure de rivaliser avec la meilleure équipe du tournoi, et de loin. Mais Marc Lièvrement a lui même précisé cette semaine : "Le problème de beaucoup de gens est qu’ils ont de sérieux troubles de mémoire, a-t-il ajouté. Il faut se souvenir qu’en 1999, à part une demi-finale très aboutie [contre la Nouvelle-Zélande], l’esprit français était sérieusement absent. Je le sais, j’y étais. En 2007 aussi. En 1995, il y a un match épique en demi-finales (ndlr : défaite 19-15 contre l’Afrique du Sud) mais on s’était qualifié à la dernière minute ou dans les arrêts de jeu contre l’Ecosse au premier tour. Même en 1987, ça avait été compliqué en matchs de poule [ndlr : 20-20 contre l'Ecosse] et je crois qu’il s’en était fallu d’un en-avant fidjien pour qu’on passe en demi-finales. N’en déplaise à certains, l’histoire du rugby français a toujours été jalonnée de matchs assez peu aboutis. Certains ont été remportés au courage, comme cela a été le cas la semaine dernière, et d’autres de manière plus glorieuse. Mais c’est une finale et si on doit la gagner de la même manière qu’on a battu les Gallois, on le fera. Sans complexes et avec grand plaisir."

 

Pour finir, je rappellerai un point. On dit toujours que les Français ne seront jamais Champions du Monde, puisqu'ils ne savent pas réaliser deux exploits de suite. Et c'est vrai : 1987, après l'exploit face aux Australiens en 1/2 finale, défaite face à la Nouvelle-Zélande en finale. En 1999, même scénario à l'inverse : après l'exploit face à la Nouvelle-Zélande en 1/2, défaite en finale face à l'Austrlie. En 2007, après la victoire en 1/4 face à la Nouvelle-Zélande de nouveau, d"faite face à l'Angleterre en 1/2 finale. Sauf que ? Sauf que cette année, nos Français n'ont (pour le moment) réalisé aucun exploit. Par la grace de la victoire Irlandaise le 17 septembre dernier, leur tableau final était dégagé de tout cador, et ils se sont hissé en finale par la petite porte. Un seul exploit à réaliser donc, et cela ils savent faire !

 

Champ.jpgEt je laisserai le dernier mot à notre valeureux guerrier Eric Champ, élevé à la sauce Toulonnaise, référence en terme de combat, finaliste malheureux en 1987 avec le XV de France, à Aukland, qui a eu ses mots après la victoire française en 1/2 finale la semaine dernière : "Qu’ils nous la rapportent cette timbale cette fois-ci ! On en a marre de la voir toujours repartir là-bas ou ailleurs, on la veut à la maison !"

Sincèrement ? Moi j'y crois, j'y crois à fond ! Il y aura peut-être deux essais à un pour les All Blacks, mais on peut gagner 19-15...

A dimanche.

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 19:58

Nous y voilà !

Cette 7e Coupe du Monde du rugby a livré ses finalistes aux supporteurs des vingt nations qui étaient venus débattre sur le rectangle vert en Nouvelle-Zélande. Et surtout aux cinq équipes qui étaient venues pour remporter le trophée William Webb Ellis. Ce sera donc la Nouvelle-Zélande, pays hôte et grand favoris, face à la France, qui se hisse jusqu'au dernier match malgré un parcours des plus cahotiques. Mais avant de se projeter sur le finale, voici donc le résumé des deux 1/2 finale qui se sont jouées ce week-end.

Mais tout d'abord, la photo du tableau final mis à jour :

Tableau finale

 

WALES / FRANCE

OUF !

C'est vraiment le premier mot qui nous venait samedi aux alentours de midi en france, lorsque Mr Alain Rolland (avec lequel je n'ai aucun lien de parenté...) sifflait enfin la fin de la partie après plusieurs minutes de temps additionnel ! Que ce fut dur, que ce fut tendu.

Première énorme satisfaction : la victoire. Alors cela peut vous paraitre évident voire totologique, alors je m'explique. Satisfaction, car après tous ces matchs perdus alros que la France jouait mieux, déployait plus de jeu, plaisait plus, et ben ça fait plaisir de faire la nique aux Britanniques, et de l'emporter alors qu'on est dominés ! Et la victoire Française est loin d'être aussi imméritée qu'on veut bien l'entendre...

  fra-galles

Les Gallois passent à côté

Il est vrai que le sort s'est acharné contre les gallois avant et pendant cette partie, et que les Français ont eu une chance que d'aucun appèleront une chance de cocus, mais que le Midi Olympique daté de ce lundi appelle "une chance de Champion" Et oui, car de la chance, il en faut pour être champion ! Souvenez-vous par exemple d'un tir au but de Di Biaggio sur la bartre transversale, ou de deux buts de Thuram dans le même match pour se rappeler les bons souvenirs à la sauce cocorico. Les Champions du Monde de rugby ont eu eux aussi leur part de chance, l'Australie 1999 qui passe  après prolongations en 1/2 finale, l'Afrique-du-Sud 1995, qui bat les Français de 5cm en 1/2 finale, et les Blacks d'un drop en prolongation en finale, l'Angleterre 2033, elle aussi victorieuse sur un drop du pied droit par un gaucher lors des prolongations...Et en cyclisme, en Formule 1, elle ne joue pas la chance sur les ennuis mécaniques ? Et en ski ou en ski de fond, lorsque les conditions météo changent entre les premiers et les derniers concurrents ? Et j'en passe...

Bref, ces joueurs français ne sont pas les premiers sportifs servis par le baraka. Alors récapitulons : forfait de l'étoile montante à l'ouverture Ries Priestland dans la semaine, sortie sur blessure en début de match sur seul pilier droitier, Adam Frisouille Jones, trois pénalités, une transformation et deux drops manqués, dont certains de quelques petits (tous petits) centimètres, auront été les coups de chances majeures à l'encontre des Gallois.

Mais le reste, ce sont des faits de jeux.

Les blessures sont certes pénalisantes, mais c'est le quotidien de toute équipe de sport professionnel. Demandez aux Français. Rien qu'en 1e-ligne : Servat, Domingo, Barcella, Mas ont à un moment ou un autre été touché est en marge du groupe. Et après on s'étonne que la mêlée française n'est pas aussi dominatrice qu'on était en mesure d'attendre d'elle ?...

Warburton-tackleLe carton rouge de Sam Warburton peut-être jugé sévère, il n'est qu'une rigoureuse application du règlement sur un placage dangeureux. Aussi jeune soit-il, ce joueur est professionnel, il fait une faute, il est sanctionné. Même s'il on est convaincu qu'il n'a aucune intention méchante, il doit se contrôler, et ne pas réaliser ce geste. Exemple : en touche, s'il accroche le bras de son adversaire, il sera sanctionné alors qu'il sait très bien que c'est interdit ; idem s'il plonge dans un ruck. Alors ça fait plus de bruit puisque la sanction est une expulsion avec toutes les ocnséquences que cela implique, mais c'est le même principe. Pour moi c'est une légèreté grave enb 1/2 finale de Coupe du Monde !

Les mauvais choix : combien de fois les Gallois se sont-ils retrouvés en position favorable de tentative de drop, pour ne pas le tenter, ce drop ? Au moins trois fois. Pourquoi n'ont-il pas tenté ? Nul ne sait. Peut-être trop confiant en leur jeu, en leur capacité à déborder la défense française...

Les 9 points français ? Ils sont consécutifs à trois fautes induscutables des joueurs du Poireau...Halfpenny-copie-1

Les points perdus au pied par les gallois ? Peu-être aussi la marque d'un manque de maitrise, de sérénité, quand on fait 1/6.

Alors OUI les gallois n'ont globalement pas eu de chance autour de ce match, mais OUI ils ont aussi fait des erreurs, des mauvais choix, des fautes, sans lesquels ils remportaient ce match, et même surement haut la main !

 

 

Les Français opportunistes et ... intelligents;

Les français ont quant à eux réussi leur plan. C'est passé au ras des paquerettes, mais c'est passé, et c'est bien là l'essentiel ! L'objectif était clair, et très intelligent : ne pas rentrer dans le (grand) jeu des Gallois, et leur opposé unetactique très pragmatique : occupation au pied, défense de fer, les priver au maximum de ballons, et prendre les occasions qui se présentaient. Prenons dans l'ordre.

Occupation au pied : on sait que ce n'est pas notre point fort, notre qualité première. Mais le trio 9-10-15 Yachvili-Parra-Médard a assuré l'essentiel, en repoussant les gallois dans leur camp suffisemment bien pour leur mettre la pression et ne pas faire briller la triplette de feu des Diables Rouges : Shane Williams-Halfpenny-North. Pour cela, il suffisait de trouver les touches, au lieu de laisser les ballon dans l'aire de jeu comme c'est la mode depuis 10-15 ans. Intélligence de jouer à contre courant pour ne pas laisser l'adversaire profiter d'un de ses point (très) fort.

Défense de fer : bon, je ne vous fais pas un dessin. Un seul essai encaissé - notre peilleure prestation sur cette stat lors de ce Mondial - sur la seule vraie erreur de défense. Sinon : 20/20, ou pas loin. Mention spéciale à Margan Parra pour avoir défendu sur l'autobus Jamie Roberts toute la partie, et bien sûr aux deux sécateurs de service Titi Dusautoir et Julien Bonnaire. Mention spéciale aussi et surtout à toute l'équipe pour ces 3 minutes de temps additionnel pendant les quels les Gallois jouaient, enchainaient les temps de jeu pour se rapprocher d'une position de drop ou chercher une pénalité... qui n'est jamais arrivée, car jamais les Français ne se sont mis à la faute dans cette séquence. Malgré la fatigue, intelligence de rester lucide.

Les priver de ballon : on attendait la mêlée, ce fut la touche. On attendais le mêlée, cette force française qui nous a bati une victoire contre les Springboks en 2009 et un Grand Chelem en 2010, pas encore à la hauteur lors de ce tournoi mondial (lire plus haut). Mais c'est la touche française, rampe de lancement des Grand Chelem 2002 et 2004, à l'apoque où l'alignement français faisait faire des cauchemards à tous les talonneurs du circuit... qui a été à la hauteur (c'est le cas de le dire) de l'évènement : 5 ou 6 ballons piqués en touches à ces Gallois dont le jeu consiste à ... prendre le jeu à leur compte ; impossible si on est privé de ballon. Intelligence de frapper là où l'adversaire n'attend pas.

Prendre les occasions : on ne peut pas dire que les Français aient été abreuvés d'occasions, mais ils ont gagné. Et c'est bien là l'essentiel d'une 1/2 finale de Coupe du Monde.  Ils sont entré sur le terrain avec une seule idée en tête : terminer ce match avec plus de points que leurs adversaires du jour au planchot, rien de plus et qu'importe la manière. Et les Français ont su mettre ces 9 points quand ils se sont présentés. Et priver les Gallois de ballons pour s'en procurer, eux, des occasions.

C'est là où je trouve cette équipe particulièrement brillante samedi. Pas brillante dans le leu proposé, bien sûr. Mais on se doutait bien qu'en une petite semaine Marc Lièvrement ne construirait pas un système de jeu offensif. Mais brillante, capable de jouer à contre-courant des pratiques partagées par toutes les nations, pour priver l'adversaire de jouer sur ces points forts.

Et comme les points forts des Gallois sont peu ou prou les même que ceux des All Blacks... Suivez mon regard

 

joie.jpg

Donc je tire un grand coup de chapeau aux Français qui ont pris ce match à l'endroit, en allant à l'essentiel. Puis les

français ont fait preuve d'une solidarité et d'un collectif qu'on ne peut que juger "à toute épreuve" à la vue notamment de ces 3 minutes de folie en fin de match, 3 minutes de combat mêlé de lucidité pour s'ouvrir les portes de la finale !

Je ne suis donc pas aussi sévère que tous ces commentaires qui ne parlent que de Hold-up et de qualification non méritée. Cette victoire 9 à 8 est certes mince, et même par la plus petite des marges, mais elle n'est pas un vol. Pour moi, ils sont allé se la chercher cette finale, et ils ne la doivent à personne, surtout pas à l'arbitre. Bon, si : ils la doivent aussi un peu à Mme Baraka, mais ça fait partie du sport, j'en ai déjà parlé. Et puis on est en finale, merde ! Congtre toute attente, au dejà de tout espoir, mais maintenant on est en finale, alors on (y) va (pour) la gagner !

Mais j'avoue qu'on a eu chauf aux miches, et comme dit Thierry Lacroix : "Heureusement que Lourdes est en France !"

 

 

NEW ZEALAND / AUSTRALIA

L'erreur est donc réparée. Les All Blacks, qui ont je le rappelle un solde de victoire positif face à toutes les nations du monde, étaient à 0/2 face à leurs ennemis ultimes et voisins, l'Australie en Coupe du Monde. Alors le solde est toujours négatif avec 1/3, mais ils ne sont plus fanny.

Au delà des chiffres historiques et des stats, les Néo-Zélandais ont remporté leur demi-finale, et ils sont soulagés. Leur Coupe du Monde se déroule en effet toujours sur le rythme prévu, seule équipe invaincu depuis les 1/4 de finale (et oui, seule 1er de poule être avoir gagné son 1/4, les All Blacks sont la seule équipe du dernier carré invaincue).

Domination en deux temps

Les All Blacks ont gagné cette 1/2 finale face aux Wallabies, et n'ont jamais vraiment tremblé, tant ils ont maitrisé leur sujet de bout en bout. Mais c'est une valse à deut-temps que les kiwis nous ont offert à leur des croissants dimanche matin : 20 premières minutes tonitruantes, magnifiques, puis 60 minutes de gestion, de maitrise...

Dagg.jpgIl ne fallait en effet pas rater le réveil dimanche car les joueurs en noir nous ont régalé lors d'une entamme de match de rêve. Sur le modèle d'un Pierre Sled ou - plus à la mode - d'une CJP, je me suis moi-même emballé pour poster sur facebook une invitation à regarder ce match qui pourrait être "l'un des plus beaux matchs de rugby qui soit". A la vue de ces 20 premières minutes, on ne saurait me donner tord. A la vue de la suite du match, j'aurais mieux fait de fermer ma gueule ! Les All Blacks ont indeed démarré pied au plancher, avec un jeu rapide, aéré, ambitieux, fait de prises d'intervalle, d'accélérations, de passes après contact, et un essais à la clé. le tout avec une orchestration magnifique : des basses jouées par les avants, toujours impériaux dans le travail de l'ombre pour donner le rythme aux actions, meilleur pack du mondial car à la fois guerrier comme des Irlandais et mobile comme des Gallois ; des solistes hors pair, récitant leur partition du bout des doigt et improvisants en un clin d'oeil, complices comme un groupe de jazz, meilleurs attaquants de la compétition, avec un Israël Dagg (photo) en tenue de gala ; et à la baguette, de loin le meilleur chef d'orchestre du tournoi : Piri Weepu. Un régal pour les mélomanes du rubgy ! Et 11-3 au planchot.

 

Et puis... et puis on ne va pas dire que la machine s'est enrayée, mais disons qu'une fois l'orage passé, on est rentré dans un match plus quelconque en terme de spectacle. Mais pas en terme de maitrise.

La tactique Wallabies ?

Et puis, les Wallabies ne sont certainement pas étrangers à cette perte de vitesse des All Blacks. Pendant ces vingt premières minutes de folie, ils ont courbé l'échine, défendu avec acharnement, pour n'encaisser "que" 11 points et un seul essai - par Ma'a Nonu. On se souvient que les Français avaient par exemple pris 19 points en 10 minutes le 24 septembre dernier face au coup d'accélérateur des hôtes de ce mondial. Puis ils sont tenté de courri après le score pendant toute la partie, sans jamais en avoir les moyens, et donc sans jamais vraiment inquiéter le camp néo-zélandais.

J'avais annoncé dans ces colonnes que la tactique des Wallabies dimanche ne serait pas la même que face aux Springboks le week-end précédent en 1/4 : ce jour-là, les Gold & Green avaient laissé jouer les Sud-Africains, avaient défendu et pris les quelques points qui s'étaient offert à eux. Comme dirait Bubu, c'est sur ce modèle que les Français ont battu les Gallois. Mais contre les All Blacks, je m'attendais à des australiens plus joueurs, plus entreprenant, tant on sait que c'est suicidaire de les regarder jouer. Et bien... on ne saura jamais vraiment quel était leur plan de jeu, tant ils ont été dominés, privés de ballons, cloitrés dans leur moitié de terrain. La seule arme David Pocock n'a pas suffit, étouffé qu'il a été par les guerrriers à la fougère dasn les rucks, pris à son propre jeu. Et comme la charnière a été aussi timide, hésitante, et maladroite que depuis le début du mondial, il ne restait plus rien. L'exploit individuel ? Impossible face à une telle défense. Concernant cette assiciation Genia-Cooper, on a vraiment le sentiment que les joueurs présents pour cete Coupe du Monde n'étaient pas les mêmes que lors du dernier Super 15, titre à la clé. Ont-ils envoyé leurs frangins ? Ou, à l'image de Michel Blanc dans Grosse fatigue, leurs sosies ? Mystère et déception...

La patience noire

Les All Blacks ont ensuite pateimment attendu la fin du match, dominant outrageusement la conquêtes, on l'a dit et les statistiques, et ne laissant aucune initiative au leurs adversaires, rendus ainsi impuissants.

Petit à petit, les Néo-Z ont donc pris le large sans en avoir l'air, pénalité après pénalité. Mais cette prise du score reflète bien leur nette dominaiton : pour être en mesure de tenter une pénalité, il faut 1-la provoquer et 2-la provoquer dans le camp adverse.

Mais je mettrai tout de même un bémol à la victoire des kiwis. Certes dominateurs, ils n'ont su franchir la ligne australienne qu'à une seule repise, en tout début de match. Puis plus rien. Alors oui leur victoire 20-6 ne souffre que peu de contestation, mais elle n'est pas le fait d'une équipe qui écrase ses adversaires et tue ses matchs. A suivre...

 

 


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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 18:44

L'étau se ressère autour du futur lauréat de cette 7e Coupe du Monde de rugby : plus que 4 nations en lice.

Comme les deux hémisphères étaient partagés sur les deux moitiers de tableau, on assitera donc ce week-end à la finale de l'hémisphère nord samedi, puis à la finale de l'hémisphère sud dimanche.

 

A noter que sur les quatre nations encore présentes à ce niveau de la compétition, trois ont fini 2e de leur poule respective, et ont donc chacune éliminé un premier de poule en 1/4 de finale. C'est la première fois de la jeune histoire de la RWC que cela se produit. En 2007, c'était un 2/4 pour les 2e de poule, et c'était déjà la première fois que les premiers de poule n'étaient pas majoritaires en 1/2 finale... Voici une autre preuve du phénomène que j'ai présenté déjà et dans ce blog, à savoir le ressèrement du niveau mondial.

Une statistique à priori sans intéret, mais notable : pour cette Coupe du Monde au pays om le rugby est religion, il reste donc quatre équipes en course : trois d'entre elles sont entrainées par ... un Néo-Zélandais ! Seul notre Marc Lièvrement fait office de dernier des mohicans, au milieu de Graham Henry (Nouvelle-Zélande), Robbie Deans (Australie) et Warren Gatland (Pays de Galles) ! Allez Marco !

 

WALES / FRANCE - Samedi 10h

Certainement pas une opposition de style, mais des parcours différents lors de cette Coupe du Monde.

Pas d'opposition de style, car on a ici affaire aux deux nations les plus joueuses du Tournoi (avec l'Ecosse). Français et Gallois ont en effet construit leur solide réputation respective par un jeu très léché, très aéré, fait de mouvement perpétuel, d'utilisation de la largeur. Il est donc hors de question d'assister samedi à un match ennuyeux. Parcours différents car les Gallois ont réalisé une phase de poule de très haut niveau, alors que les Français on le sait, ont peiné pour se qualifier malgré deux défaites.

Jamie-Roberts.jpg

La confiance galloise

Les gallois, donc, sont en pleine confiance, comme jamais ils ne l'ont été peut-être depuis l'époque où ils reignaient sur le rugby mondial, mais où la Coupe du monde n'existait pas pour le prouver : les années 70, avec les fabuleux Gareth Edwards, JPR Williams... Les gallois montent en puissance depuis 10 ans, avec deux Grand Chelem (2005-2008), et des scores de plus en plus flatteurs face aux grosses écuries de l'hémisphère sud notamment. Face aux Springboks, ils ont par exemple perdu de 5 points en 2008, de 3 et 4 points en 2010, et d'un petit point le mois dernier lors de leur premier match de poule...

A cela s'ajoute un projet de jeu magnifique, qui déplace les foules et pas seulement dans la petite principauté. Ils

régalent les amateurs de rugby aux quatre coins de la planète. Leurs cinq premières prestations lors de ce tournoi mondial sont à ce point superbes qu'on n'y voit guère de faille : occupation et jeu au pied, combat et jeu au près, conquète, touche et mêlée, et bien spur leur points forts : jeu au large et soutient permanant. Ils ont en plus avec Jamie Roberts un atout puissance... à la limite de l'inarrétable ! Autres joueurs d'exceptions : le capitaine courage Sam Warburton, et la triplette arrière qui va à 2000 à l'heure : Halfpenny-North-Sh. Williams. A noter, le 2e-ligne Luke Charteris (photo), diplômé de l'University of Bath.

La question de Français

thierry-dusautoir-capitaine-du-xv-de-france-montre-la-voie.jpgLes Français constituent quant à eux un point d'interrogation majuscule. Quel visage vont-ils proposer ? Celui, hagare, terne, triste, de la phase de poule ; ou celui, dynamique, combatif, joueur, du 1/4 de finale face aux Anglais ? Nul ne sait, pas même eux, tant la préparation mentale est un art incalculable...

Une chose est sûre : seule le second visage peut leur permettre d'espérer une qualification face aux Gallois demain. Vu le niveau de jeu, d'engagement, de solidarité, de vitesse d'exécution qffichés par les joueurs du poireau jusqu'à présent, il est hors de question d'espérer quoi que ce soit face à eux en se présentant avec le peu d'atouts affichés avant le week-end dernier. Alors quelle est la clé ? On ne sait dire si le déclic créé par la défaite face aux Tonga est resté allumé depuis, ou si une simple victoire face aux Anglais a tout fait ramollir de nouveau... Un élément de réponse important erste pour moi le rôle des leaders, complètement éffacés pas seulement face au Tonga, mais déjà lors de demi-fiasco qu'on été les matchs face aux Japon et au Canada. Alors, Dusautoir, Nallet, Harinordoquy, Rougerie... vont-ils donner de la voix ? tronches

Mais quand bien même les français affichent le même visage demain face au XV du Poireau que face au XV de la Rose, la victoire ne serait pas aquise. Il faudra alors réussir à ralentir le jeu gallois, et il n'y a pas trente-six solutions : les faire tomber tout de suite, puis batailler avec acharnement dans les rucks. Autre clé dans le jeu : les priver de ballon. Tache ô combien hardie, car même les Irlandais ont échoué en 1/4 de finale, eux pourtant experts en la matière de jeu au pied tactique et de conservation du ballon. On attend un 5-de-devant des beaux jours pour placer sur la touche, et avec un Mas retrouvé pour faire plier les Gallois sur ce supposé point faible : la mêlée fermée. Allez les solides, faite-nous rêver ! Autre clé : savoir marquer lors de ses temps forts. On compte pour celà sur les triplettes de Belleville : Palisson-Clerc-Médard. Quel match dans le match qui s'annonce entre les deux armadas dans ce secteur !

Mon pronostic : victoire des Gallois qui semblent tout de même meilleur sur tournoi; 25-18 avec trois essais à deux.

 

AUSTRALIA / NEW ZEALAND - Dimanche 10h

Jamais ! Jamais les All Blmacks n'ont battu leurs ennemis de toujours, les Australiens, en Coupe du Monde de Rugby ! Ils se sont déjà rencontrés deux fois, et deux fois ... en 1/2 finale, et deux fois les Wallabies ont éliminés leurs supposés intuchables voisins de la Tasman Sea. 1991 à Landsdown Road 16-6, et 2003 au Telstra Stadium de Sydney 22-10.

Imaginez si le doute et la peur doivent être de mise dans les chaumières, au pays du long nuage blanc, à l'approche de cette nouvelle 1/2 finale. Sauf que, sauf que cette fois l'enceinte de la joute est l'Eden Park d'Aukland, où les Blacks ont été sacrés champions du Monde en 1987, où les Wallabies n'ont plus gagné depuis 1986, et où personne n'a battu les All Blacks depuis ... 1994, et une virevoltante équipe de France. Alors, le peuple kiwi croit en son signe indien, enfin plutôt son signe maori. les Néo-Z suvent poiur l'instant leur petit bout de chamin, seule équipe encore invaincue en lice, unique premier de poule à avoir survécu à l'épreuve des 1/4 de finale...

Le jeu

Du côté du rectangle vert, quelles sont les données clés ? La principale concerne... les absents ! Les Néo-Zélandais ont en effet été touchés par le mauvais signe indien, surement un signe aborigène celui-là, avec le forfait des ses deux 1/2 d'ouverture, dont Dan Carter, le maitre à jouer locale, que l'on ne présente plus ; Et Mils Muliaina, qui s'est blessé dimanche en 1/4 de finale pour sa 100e cape.

Comment pallier ces absences ? En jouant, et jouant encore. La tactique est la suivante : balancer du jeu, du volume, asphyxier les adversaires pour les déborder. Sauf que ce modèle de jeu nécessite une excellent distribution, alternance de jeu, pour concentrer la défense à un endroit, et pouvoir la déborder ailleurs... rôle du 1/2 d'ouverture justement. On comprend là toute l'importance de Carter dans le système kiwi.

McCawMais les All Blacks ont d'autres atouts, dont un pack qui a su passer l'examen argentin, y en e-t-il de plus difficles auourd'hui dans ce secteur ? Je ne crois pas. Et des leaders naturels qui savent prendre la parole, rassurer, diriger, emmener. Capitaine peut se dire skipper en Anglais, et comme ce nom va bien au plus exemplaire d'entre eux, Richie McCaw. Detesté sur tous les terrains de rugby du Monde pour sa roublardise et la clémence du corps arbitrale à son égard, il est néanmois le moteur de cette équipe. Et plus de la moitier des joueurs de cette équipe sont de cete trempe des indestructibles, qualité ô combien importante dasn un sport dont la valeur n°1 est.. le combat ! S'ajoutent ainsi devant Kevin Mealamu et Brad Thorn, puis Piri Weepu - leader du Haka - et derrière la pair de centres des Hurricaines : Ma'a Nonu et Conrad Smith. Chaque ligne est pourvue de son maitre à penser, à motiver...

Et ces leaders sont soncés assurer ce fond de jeu global, que l'absence de carter ne doit pas altérer.

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Les Australiens affichent face à cette armada un moral d'acier. Il n'est pas impossible, à la vue de leur 1/4 de finale face aux Springboks, que la défaite surprise face à l'Irlande en poule leur ait donnée un coup de boost, une claque sur laquelle ils ont su rebondir, à l'image des français. La question est donc : leur moral, leur solidarité, suffiront-ils face au jeu des All Blacks ? J'ai du mal à y croire. Par contre, ils peuvent très bien répondre aux locaus sur un schéma totalement différents que celui opposé aux Boks dimanche dernier. Ils avaient alors abusé du jeu au pied, laissé les Boks faire le jeu, eux qui ne sont pas habitués à ça, pusqiue c'est leur tactique habituelle. Les Australiens n'avait alors

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plus qu'à défendre, avec un David Pocock des grands jours en figure de proue. Mais ce jeu serait suicidaire face au jeu de mouvement des All Blacks, qui adorent jouer au ballon. Seule solution alors : les priver de ce ballon, et faire le jeu soi-même ! Et le sorcier Néo-Zélandais à la tête de la sélection australienne, Robbie Deans, ne devrait pas se tromper de tactique.

La clé réside alors dans la charnière de génie, Will Genia (le bien nommé) et Quade Cooper, en tête de liste de la presse kiwi, car ce joueur est... né en Nouvelle-Zélande, et a choisi de représenter l'Australie en rugby ! Si ces deux là arrivent à placer sur orbite les fusées australiennes, ont peut assister à une partie fabuleuse, et une pléïade d'essais ! Au premier plan, David Pocock, qui aura l'immense mission de museler Richie McCaw dans les rucks (et vice-versa)

Mon pronstic : Victoire des All Blacks, les Autraliens devraient payer après l'heure de jeu leur immense débauche d'énergie en 1/4 de finale. 4 essais à 2, et 29-15 pour les Touts Noirs.

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Published by Rugbyfoue - dans RWC 2011
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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 16:42

Voici les résumés des deux 1/4 de finale du bas de tableau :

 

SOUTH AFRICA / AUSTRALIA

Ce choc était, on le rappelle, le 3e entre ces deux nations en Coupe du Monde, avec une voctoire partout avant celui-là. Bien malin qui pouvait prédire un résultat fiable tant ces deux nations ont enchainé le bon et le moins bon depuis trois mois Je m'étais avancé pour une victoire des Sud-Africians, 15-6.

Le match

Au delà du score, bien malin qui pouvait présire le scénraio de ce match, tant il est surprenant : chacun a joué selon le jeu habituel de son adversaire du jour. Les Wallabies sont craints et reconnus pour leur capacité à faire vivre le ballon, à l'aérer, et créer des espaces en enchainant les temps de jeu à toute vitesse, alors que les Sud-Af' mettent en avant leur force brute, un paquet d'avants très lourd, et un jeu fait d'occupation du terrain et de bien peu de spectacle - cf leur titre mondial en 2007, avec une équipe à l'ossature très proche du millésime 2011.

essai-Wallabies.jpg

Dès l'entamme, les Sprinboks sud-africains prenaient l'avantage... sur le plan de l'occupation et de la possession, mais sans concrétiser, alors que contre le cours du jeu, les Australien marquait en essai sur un ballon de récupération (cafouillé par les Springboks dans leurs 22) par leur capitaine James Horwill et une pénalité : 8-0 à la 20e minute.

Puis alors que la guerre des rucks avait bien lieu, un évènement changea le cours du match : la sortie de Henrish Brüssow, 3e-ligne sur le mode plaqueur-gratteur heros de tout un peuple, en milieu de 1ere mi-temps. Le match dans Pocock.jpgle match qui démarrait avec son vis-à-vis direct David Pocock perdit alors tout son intéret pour les spectateurs, mais pas pour les Wallabies : le blondinet australien put alors s'en donner à coeur-joie, et put ainsi pourrir les sorties de balles sud-africianes pendant toute la partie en toute impunité car son équivalent chez les Springboks avait quitté le terrain. Dire que David Pocock (que l'on voit ici plaquer le centre Jean DeVillier) a pesé sur ce match est un euphémisme, tant on le vit partout, absolument partout, permettre des libérations rapides sur les rucks australiens et ralentir ou piquer les ballons sud-africians. Plus de vingt-cinq plaquages et cinq turnover à son actif, pour un titre d'homme du match flagrant. On pourrait le surnommer GPS, tant il sait lire le jeu et se trouver toujours là où se trouve la ballon !

 

Une 2e mi-temps aussi frustrante que la 1ere pour les Springboks

Malgré une domination toujours aussi franche, les Boks ne parvenaient pas à marquer, ou si peu : 8-3 à la mi-temps. A la 50e minute, le commentateur du site de l'IRB rassurait les Sud-Africains : "Continuez comme ça, les Wallabies vont forcément craquer, ça va forcément passer pour vous".

Et à la 60e, on y a cru : toutes les stat sont alors de façon écrasante en faveur des Springboks : occupation, possession, pénalités, touches, touches sur lancé adverse (5 à 0 pour les Boks !), la m^lée australienne souffre... Bref rien ne va plus pour les Wallabies. Et - enfin - les joueurs de la pointe de l'Afrique passent devant au score sur un drop de Morné Stein. 9-8. Ils vont enfin pouvoir plier ce match.

Et puis non. Sur leur unique incusrsion dans le camp adverse, les Australiens se permettent le culot de passer une pénalité, 11-8. Pour ne plus lacher ce match !

 

Trois fois par mi-temps, les Sud-Africains ont perdu des ballons d'attaque à 5m de la ligne Wallabies. Un essai leur a été refusé pour un en-avant de passe. Bref, les Boks auraient en effet pu gagner ce match de 30 points. Mais les Wallabies ont plié, plié, plié, snas jamais rompre, sans jamais encaissé d'essai, et sans (presque) jamais être pénalisé ; les Boks n'ont donc pas pu traduire au score leur domination. Outre la sortie de Brüssow, la blessure et donc le forfait de françois Stein a surement pesé sur ce match, puisque son homonyme Morné a raté deux tentatives de pénalités lointaines, des 50m, que le blond du Racong-Métro aurait assuremment transformé...

 

NEW ZEALAND / ARGENTINA

En  voilà un de match qui a suivi un scénario plutôt attendu, et proche du pronostic que ce blog avait pu faire : domination difficile des Néo-Zélandais, résistance acharnée des Argentins, et fin de match toute à l'avantage des All Blacks. Affiche non pas inédite en Coupe du Monde, car ils se trouvaient dans la même poule en 1987, déjà sur le sol néo-zélandais, pour une victoire 47-15 des locaux à l'époque.

60 minutes de doute ?

On attendait une farouche résistance des Pumas, je l'ai dit, et ils ne se sont pas contentés de résister ! Les joueurs en noir ont joué tel qu'ils nous y ont habitué depuis le début de cette compétition : jeu au pied utilisé avec parcimonie, toujours intelligemment, et surtout un volume de jeu toujours énorme. Les All Blacks nous ont encore une fois montré toute leur science du rugby, exploitant toute la largeur du terrain pour étirer la défense adverse, et des joueurs qui arrievent de loin derrière, lancés comme des frelons, pour franchir cette ligne de défense étirée et donc moins solide. A celà s'ajoute leur petite marque de fabrique : ces fameuses off-load, ces passes après contact qui permettent de franchir cette fameuse défense, dont Sonny Bill Williams s'est fait le porte drapeau.Essai-cabello.jpg

Face à ce schéma de jeu, les Pumas ont su opposer une défense très adéquate : la ligne de défense se déplaçait très très vite sur la largeur du terrain, de façon toujours compacte, avec des avants et 3/4 toujours équitablement répartis pour toujours avoir des gros près à contester le ballon dans les rucks. Et cette tactique s'avéra payante, puisqu'à l'heure des citrons, le score était seulement de 12 à 7 pour les All Blacks, qui n'avaient toujours pas marqué le moindre essai ! les Pumas profitèrent d'une double erreur de défense de la 3e-ligne All Blacks (McCaw et Read) et d'un geste de grande classe façon volleyeur de Felipe Contepomi pour inscrire un sublime essai de 50m.

Weepu-Haka.jpgAlors le revers de la médaille de cette résistance argentine fut le nombre de pénalités que Nigel Owens accorda aux Néo-Z, que Piri Weepu - élu homme du match - se fit un plaisir de transformer en points au planchot. Belle revanche pour ce leader naturel, et leader du Haka (voir photo), à qui le banc de touche était promis avant le début de la compétition, et qui s'imposa naturellement comme le premier choix en n°9. Il est d'autant plus indispensable depuis le forfait sur blessure de l'icone de tout un peuple, Dan Carter en n°10. Le jeune bizuth Colin Slade intronisé à la place de Carter a pu alors s'appuyer sur l'expérience de Weepu à ses côtés... jusqu'à sa sortie avant même la mi-temps sur blessure. Le contre-bizuth, Aaron Cruden put lui aussi à son tour profiter de Weepu pour se faire chouchouter, et faire un superbe match.

Les All Blacks autoritaires

A la 50e minute, avec les Pumas à deux petits points, on sentit les All Blacks se réveiller. Accélérer encore et encore les transformations du jeu, les courses, les passes, les enchainements... et cela paya très vite... mais toujours pas d'essai, mais 2 pénalités supplémentaires dans la besace, 18-12. Pendant toute cette période, les Blacks n'ont pas douté, même s'ils ne parvenaient pas à prendre le large au tableau d'affichage. Mais s'ils n'ont pas douté, c'est aussi et surtout parce qu'ils gardaient touefois la tête au score, grace à la botte de Weepu.

Après l'heure de jeu, les All Blacks allèrent enfin à dame, par leurs avant, juste récompense pour tout ce travail de sape : Kieran Read puis Brad Thorn, pour porter le score à 33-10.

essai-read.jpg

Un petit mot sur Richie McCaw, le skipper néo-zélandais : On sait à suel point il est craint par toutes les équipes du monde pour sa capacité à gratter des ballons, ou au moins à les ralentir - comme Pocock et Brüssow. Et à quel point il est énervant, tant on a le sentiment qu'il existe un arbitrage à deux vitesses : pour Richie McCaw, et pour le reste du monde. Il est toujours "à la limite", mais jamais sifflé. On le voit toujours se relever en dernier, de là où il n'avait certainement pas le droit de se trouver... Espérons que pour la suite de la compétition, les arbitre arrivent ENFIN à le sanctionner autant qu'il le mérite ; et si ce n'est pas le cas, que les joueurs adverses lui résevent la sanction qu'il est d'usage de trouver sur tous les terrain boueux du monde entier pour ce genre de comportement...

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